THIERY (Luc-Vincent). Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris.

 

Après les ouvrages de Piganiol de La Force, il était logique de présenter, Le guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris rédigé à la veille de la Révolution (1787) par Luc- Vincent Thiéry. Avocat, membre de sociétés littéraires, il est connu pour ses guides parisiens : l’Almanach du Voyageur à Paris qui paraît pour la première fois en 1783 et le Guide des Amateurs et des étrangers voyageurs à Paris dont la première édition date de 1787.

Dédié à Laurent de Villedoeuil, intendant de la généralité de Roue, le guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris a nécessité selon l’auteur, une  » ‘immensité de recherches » et des ajustements pratiques, en effet  » Pour éviter à MM.les étrangers l’incommodité de porter avec eux deux volumes à la fois, le premier traite de la rive droite, le second des îles et de la rive gauche.

L’auteur s’est documenté auprès des spécialistes, les secrétaires des académies, le recteur de l’Université, les architectes des monuments, les curés des églises, les supérieurs des couvents, les propriétaires des cabinets de curiosités, les directeurs des maisons d’éducation. Mais il s’est aussi servi des travaux de ses devanciers et comme ces derniers, il omet de les citer, sauf de façon incidente pour Jaillot dont nous avons déjà parlé.

L’itinéraire du premier volume part de Passy et Auteuil et aboutit à la place de Grève, après des pointes jusqu’à Neuilly, Montmartre, la Villette, Belleville, Romainville, Vincennes, Conflans et Bercy. Comme Brice, Piganiol de La Force et d’Argenville, l’auteur fait une Description, non une Histoire; il s’intéresse beaucoup plus aux curiosités actuelles qu’aux souvenirs du passé. Comme eux, il apprécie beaucoup plus l’art moderne que l’art gothique. Il en résulte qu’il s’attarde longuement aux quartiers du Roule, du faubourg Saint-Honoré et de la place Vendôme, où abondent les hôtels et les  » cabinets », et ignore presque les quartiers du Marais et de Saint Paul.

Le second volume traite de la Cité et de l’Ile Saint-Louis, puis de la rive gauche, dont la visite commence au quai de la Tournelle et finit à Clamart et Meudon, après des incursions jusqu’à Arcueil, Châtillon et Vanves. Seules quelques lignes sont consacrées à l’histoire de la Sorbonne ou de Saint-Germain-des-Prés en revanche les longs paragraphes réservés à l’hôtel des Monnaies, au Théâtre-Français (Odéon), à Saint-Sulpice, montrent nettement où vont les préférences de l’auteur. Il souhaite faire un guide moderne. Pour les questions historiques, les contemporains disposaient des ouvrages de Piganiol et de Jaillot.

Outre la présentation globale des lieux parisiens et de la proche banlieue, ce qui caractérise le livre de Thiéry, c’est, d’un côté, le mélange de renseignement artistiques et de renseignements commerciaux; de l’autre, l’énorme part qui est faite aux cabinets de curiosités.

Thiéry fait une publicité, qui ne devait pas toujours être gratuite, à nombre de commerçants et d’industriels, dont beaucoup ne semblent guère intéresser les étrangers. On peut comprendre qu’il signale toutes les maisons d’éducation, les marchands de tableaux, les magasin de comestibles, les vendeurs d’eaux minérales, etc.; mais il est étonnant que, pour tel d’entre eux, il consacre plus d’une page à la publication de tarifs. Il est difficile d’expliquer, sauf à être pécuniairement intéressé par de telles mentions, qu’il fasse tant de place aux instruments de physique, aux fers à l’épreuve de la rouille, aux établissements de magnétisme animal, aux aciers  » fins et fondus » de la manufacture d’Amboise, etc. Mais tout cela est astucieusement fondu dans le texte, c’est en quelque sorte un premier essai de « publi reportage ».

Par ailleurs, l’importance faite aux cabinets de  » curieux » et l’exposé de leur contenu sont tout à fait caractéristiques des tendances de l’époque. On collectionnait déjà au XVIIe siècle, et dans tous les genres. Mais, au XVIIIe, ce goût tourne à la manie, et à la manie scientifique.

Dès la Régence, à l’imitation de Philippe d’Orléans, les courtisans étudient la philosophie, la physique, la chimie, les sciences naturelles. Le mouvement s’accentue avec les encyclopédistes et les cabinets de « curiosités » se multiplient, groupant parfois dans un mélange étonnant les médailles et les coquillages, les manuscrits, les insectes et les fossiles, les automates  et nous donne l’impression de boutiques de bric-à-brac qui faisaient la célébrité de leurs propriétaires.

L’ouvrage contient douze gravures, dessinées par Thiéry, -sauf une (Odéon) qui est de Wailly, – et qui représentent les monuments les plus modernes : Saint-Philippe-du-Roule, La place Louis XV vue du centre, Les Capucins de la chaussée d’Antin, Le Théâtre-Italien, Le jardin du Palais-Royal, La nouvelle Halle-au-Blé, Le portail de Saint-Eustache, Le Palais de Justice, avec sa grille, le portail de Saint-Geneviève (Panthéon), La cour de l’Ecole de chirurgie, Le Théâtre-Français (Odéon), L’hôtel des Monnaies, vu du Pont-Neuf.

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THIERY. Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris ou Description raisonnée de cette Ville, sa Banlieue, & de tout ce qu’elles contiennent de remarquable. Enrichie de Vues perspectives des principaux Monumens modernes. Paris, Hardouin & Gattey, Librairie de S.A.S.Madame la Duchesse d’Orléans, au Palais Royal, sous les Arcades à gauche, n°13 & 14, 1787. Deux volumes in-12 (17,5 cm x 10,5 cm), xv (Dédicace, Avertissement, Dissertation sur l’origine de Paris, et sur l’antiquité de la juridiction municipale)-784-2 (Approbation et Privilège)-739 pp.

12 Planches gravées.

Volume I : St Philippe du Roule, La Place de Louis XV, Le couvent des capucins de la chaussée d’Antin, Le Théâtre Italien, Vue du jardin du Palais-Royal, Vue intérieure de la nouvelle Halle, L’église de St.Eustache.

Volume II : Monument du Palais de Justice, Vue du portail de Ste Geneviève, Vue intérieure des écoles de Chirurgie, Vue du Théâtre François, Vue de l’Hôtel des Monnoyes Prise de dessus le Pont neuf.

Edition originale.

Pleine basane fauve. Aux armes de Anne Léon II de Montmorency-Fosseux sur les plats. Dos lisse, caissons ornés de petits alerions dorés (rappel des armes des plats). Pièce de titre et de tomaison en maroquin rouge. Double encadrements sur les plats. Filets dorés sur les coupes. Tranches rouges. Restauration aux mors et aux coiffes.

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