Paris. Siège et Commune. 1870-1871. L.DESBROSSE, M.LALANNE, A.-P.MARTIAL, F.PIERDON, E.YON.

 

Commencée lundi, nous poursuivons aujourd’hui notre évocation de la Commune de Paris avec le regard porté sur les événements par les illustrateurs de l’époque. C’est aussi l’occasion d’échanges croisés avec le blog d’Histoires de Paris .

Alfred Cadard (1828-1875) est à l’origine du renouveau de l’eau-forte en France au XIXe siècle. Après avoir travaillé un court moment pour la Compagnie des chemins de fer du Nord, il se lance dans le commerce de l’estampe. De décembre 1859 à la fin de l’année 1860, il publie une suite de vingt-six eaux-fortes de Lépolod Flameng, Paris qui s’en va et Paris qui vient. En 1862, il publie un cahier de neuf eaux-fortes signées Edouard Manet, Les Vues de Hollande de Jongkind et la suite du Voyage en bateau de Daubigny. La même année, il fonde la Société des aquafortistes. Les artistes mettent à la disposition de l’éditeur cinq planches inédites. De 1863 à 1867, Alfred Cadart éditera 330 planches réalisées par plus de 130 artistes sociétaires. Dans sa boutique de la rue de Richelieu, Alfred Cadard élargit ses activités. A la commercialisation des estampes, il ajoute celle des peintures et d’autres objets d’art ainsi bien sûr que du matériel de gravure. En 1867, la Société des aquafortistes est dissoute pour des raisons financières. Néanmoins dès l’année suivante, Alfred Cadard poursuit son activité d’éditeur avec les albums annuels de l’Illustration nouvelle qui paraîtront jusqu’en 1881 et une production de près de 600 planches. En 1873, Il édite le Nouveau traité de la gravure à l’eau-forte pour les peintres et les dessinateurs de A.-P.Martial. Et en 1874 , il lance un nouveau périodique annuel l’Eau-forte en…qui propose des gravures originales sous forme de livraison. Après sa  mort sa veuve poursuivra son activité jusqu’à l’ultime faillite survenue en 1881.

Maxime Lalanne. Porte de Versailles au Point du Jour.

L’abondante production d’Alfred Cadart, plus d’un millier d’estampes, est remarquable tant par ses qualités techniques que par les choix des auteurs qui renouvelèrent l’usage de l’eau-forte parmi les artistes de l’époque.

Un tel éditeur ne pouvait que s’intéresser à la production d’artistes représentant les ravages du conflit franco-prussien de 1870, voire même à la susciter puisque la demande était élevée pour ce type de sujets.

A.-P.Martial. La Garde Nationale .

En effet, ils étaient nombreux à saisir sur le papier cette forme de poétique des ruines qui intéressa tant les contemporains au point de générer une intense activité éditoriale. Nous avons déjà présenté dans ce blog quelques unes de ces productions en particulier dans le domaine naissant de la photographie : Paris sous la Commune par un témoin fidèle, la photographie, Album photographique des ruines de Paris, Les ruines de Paris et de ses environs 1870-1871, Siège et Commune.

Paris Siège et Commune comprend sept livraisons contenant chacune 12 planches gravées.

A.-P.Martial. Les canons à Montmartre .

Maxime Lalanne (1827-1886), peintre, graveur et illustrateur.

Il a produit près de deux cents eaux-fortes et quarante lithograhies dont des gravures d’interprétation d’après Claude Gellée, John Constable et Corot. Il se spécialise dans les paysages et les vues urbaines notamment de Paris. Membre de la Société des aquafrotistes de 1862 à 1865, il est l’auteur d’un traité de la gravure à l’eau-forte paru chez Cadart. Cadart éditera ses nombreuses gravures.

Adolphe Théodore Jules Martial Potémont dit A.-P.Martial (1827-1883) peintre et graveur.

A.-P Martial. L’Hôtel de Ville incendié .

Après un séjour de dix ans à La Réunion et de retour à Paris, il devient l’élève de Léon Cogniet et de Félix Brissot de Warville et commence à graver en 1862 des eaux-fortes pour le compte d’Alfred Cadart. En 1864, il publie trois cents eaux-fortes que constituent l’Ancien Paris.  En 1867, quarante-huit eaux-fortes sur Paris complètent ce travail puis paraît en 1874, Paris intime. En 1877, c’est la parution d’une série de quarante cinq planches sur les Boulevards de Paris. La guerre de 1870-1871 fournit aussi de multiples sujets au graveur : Les Femmes de Paris pendant le Siège, les Prussiens chez nous, Paris sous la Commune. Nous avons déjà eu l’occasion de présenter un de ses ouvrages : Paris intime.

F.Pierdon. Saint Cloud. Rue Royale du haut .

François Pierdon (1821-1804), peintre, dessinateur et graveur.

Il expose au Salon à partir de 1853. Il est l’un des graveurs de Gustave Doré, il est également le graveur d’ouvrages illustrés d’Alexandre Dumas. Il collabore aussi à des périodiques comme l’Illustration et le Tour du monde. Parallèlement il peint et envoie au Salon son premier tableau en 1864. Au début des années 1870, il fonde un atelier de photographie avec le photographe Jean-Modeste Fauchaut mais l’affaire fait failliste en 1874. A partir des années 1880 et jusqu’à la fin de sa vie, il se concentre sur son activité de peintre.

L.Desbosses. Les fosses de Champigny .

Léopold Desbrosse (1821-1928), graveur et peintre.

Il a souvent repésenté les forêts de Normandie et de l’Ile-de-France en particulier celle de Fontainebleau. Il grave aussi notamment d’après Gustave Courbet, John Constable et Géricault. Membre de la Société des aquafortistes puis de la Société des aquafortistes français, fondée en 1885 dont il sera le vice-président à la fin de sa vie.

E.Yon. Une maison de campagne à Chatillon .

Edmond Yon (1841-1897), graveur, et peintre.

Il a collaboré au magasin pittoresque, au Monde illustré, à l’Ilustration. Il expose au salon et fait partie du jury de gravure de 1875 à 1879. Il publie régulièrement ses gravures chez Alfred Cadart.

Avec l’ensemble de cette serie d’estampes, nous avons une vision saisissante, de la vie quotidienne des habitants, des combats et des destructions provoquées par les affrontements. Les traces seront rapidement effacées par le régime de la IIIe République pour tourner la page de la défaite et de la Commune.

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Cet ouvrage contient 5 sur 7 livraisons de la série : Paris. Siège et Commune 1870-1871 édité par Cadart et Luce en 1871 (N°s 2.3.5.6.7). La série complète se compose ainsi : N°1 Siège de Paris. Maxime Lalanne., N°2. Paris pendant le Siège. A.P.Martial, N°3. Paris sous la Commune. A.P.Martial, N°4. Paris incendié. A.P.Martial, N°5. Saint-Cloud bûlé. F.Pierdon, N°6. Paris et ses avant-postes. L.Desbrosse, N°7. Autour de Paris. E.Yon.

Cet ouvrage contient aussi les planches gravées par Martial de la « Lettre sur les éléments de la gravure à l’eau-forte ».

Nous mettons aussi en ligne dans deux autres notices, les livraisons suivantes : N°1. Siège de Paris. Maxime Lalanne et N°4. Paris incendié. A.P.Martial.

POTEMONT (MARTIAL). Lettre sur les éléments de la gravure à l’eau-forte. Page de portefeuille illustrée conservée. 4 planches gravées de Martial. Paris, Cadart et Luce, 1871.

Page de portefeuille illustrée Paris. Siège et commune 1870-1871 présentant les 7 livraisons de la série.

MARTIAL. Paris pendant le Siège (Page de portefeuille illustrée conservée et reliée en début de volume). Paris, Cadart et Luce, 1871. 12 eaux-fortes.

MARTIAL. Paris sous la Commune. Page de portefeuille illustrée conservée. Paris, Cadart et Luce, 1871. 12 eaux-fortes légendées. Maison de Mr Thiers, Les canons à Ménilmontant (relié à l’envers), Les drapeaux noirs, Le cimetière Saint Vincent, Rue des Rosiers, La Maison N°6, La porte de Neuilly, La Roquette, Théâtre de la porte St Martin, La Colonne de la place Vendôme, Avenue de la Grande Armée, Rue de Rivoli.

F.PIERDON. Saint-Cloud brûlé. 1870-1871. Page de portefeuille illustrée conservée. Paris, Cadart et Luce, 1871. 12 eaux-fortes légendées. Un coin du salon de Mars. Château, Rue Royale du haut, Rue de l’Eglise, Château, St Cloud. Au Château. Dans la ville, St Cloud brûlé. La lanterne avant la guerre. La cascade du Parc, La Fontaine. A Montretout ruines des maisons. Moulin, Breteuil poste redouté de l’ennemi, Gourbi prussien dans le parc de St Cloud, Patrouille prussienne dans Saint Cloud, Route des casemates. Maison Zimmermann.

L.DESBROSSE. Paris et ses avant-postes pendant le Siège. 1870-1871. Page de portefeuille illustrée conservée. Paris, Cadart et Luce, 1871. 12 eaux-fortes légendées. Au Bourget, Idylle, Les fossés de Champigny, Une attaque de nuit, L’ennemi tue nos femmes et nos enfants, Patience Souffrance, Ravitaillement, Les réfugiés, Contre un mur (Bougival), Les victimes, Le peuple veille, La nuit du 1er mars.

Edmond YON. Autour de Paris après la guerre. Page de portefeuille illustrée conservée. Paris, Cadart et Luce, 1871. 12 eaux-fortes légendées. Maisonsen ruines à Fontenay aux Bois, Sur la route de Paris au Bourget, Une salle à manger à Fontenay aux Bois, Sur la route de Bièvre, Le Moulin d’Orgemont, La mare d’Auteuil, Les francs-tireurs à la Courneuve, Avant-poste La Courneuve, Tombes prussiennes dans la batterie de Chatillon, Une maison de campagne à Chatillon, Le mur blanc au Bourget, A côté de la batterie à Chatillon.

1/2 reliure à coins (léger enfoncement). Titre et fleuron doré au dos. Un volume in-folio (48,5 cm x 32,5 cm). Format des planches : 47,5 cm x 31,5 cm.

Vendu.

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LALANNE (Maxime). Souvenirs artistiques du Siège de Paris. 1870-1871. Paris, Cadart et Luce, 1871.

12 eaux-fortes légendées : Vue prise du viaduc du Point du Jour. Panorama de la Seine. Ancien parc de Gavarni et bastion 67 d’un côté de l’autre Bastion 68. Défense de la Seine. Vue sur les Forts de Vanves et d’Issy. Clamart, La vallée de Sèvres et Meudon,Ile de Billancourt…1870-71, Porte de Versailles au Point du Jour 1870-71 (tache dans une marge sans atteinte à la gravure), Porte de l’Avenue Uhrich 1870-71, Batterie de Montmartre. Vue prise du Moulin de la Galette. Panorama depuis le Moulin d’Orgemont Montmorency jusqu’à St Denis et Le Bourget. 1870-71, Un tir aux bastions. Abris et Casemates 1870-71, Bastion 66 côté intérieur de la porte de Versailles vue sur Saint Cloud Montretout et le Mont Valérien 1870-71, Un poste de gardes-nationaux aux remparts 1870-71, Etat actuel de la mare d’Auteuil 1870-71, Un effet du bombardement. Poste caserne du Bastion 65 1870-71, Le Cavalier Bastion 63 1870-71, Bastion 49. Un aspect des fortifications de Paris 1870-71, Avenue de Boulogne. Vue prise de la porte d’Auteuil. Saint Cloud au fond. Dévastation du bois de Boulogne 1870-71.

Format des planches 48 cm x 31 cm .

Portefeuille d’origine contrecollé sur chemise souple.

Vendu.

Pour consulter nos bibliographies c’est .

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MARTIAL. Paris incendié. Cadart et Luce, 1871.

12 eaux-fortes légendées : Mur de défense du Viaduc d’Auteuil, l’Hôtel de Ville, Auteuil 23 mai 1871, La Maison près de la  Légion d’Honneur et les Tuileries, Boulevard Saint-Martin, Ministère des finances, Maison de Pierre Bonaparte, Palais Royal 26 mai 1871, Maison près la porte de Neuilly Mai 1871, Les docks de la Villette et la Cour des Comptes, Maisons à l’angle des rues de Lille et du Bac, Place de la Bastille 26 ami 1871. Les bâteaux de pétrole sous la voute du Canal.

Format des planches (48 cm x 31 cm). Format des eaux-fortes (21,5 cm x 14 cm)

Sous chemise cartonnée avec contrecollé le titre du portefeuille d’origine.

Vendu.

Pour consulter nos bibliographies c’est .

 

 

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