Paris sous la Commune par un témoin fidèle : La photographie.

 

Pour se souvenir de la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 où l’on vit les Versaillais entrer dans Paris et écraser la Commune, un ouvrage sur ces événements : Paris sous la Commune.  Par un témoin fidèle : La photographie.

La photographie était encore  balbutiante à l’époque mais les événements de la Commune offraient de multiples opportunités pour mettre en valeur ce nouveau média qui allait rapidement remplacer les formes artistiques habituelles et représenter les personnages et les destructions provoquées par les combats au point de participer à une certaine forme de mise en scène orchestrée par les autorités.

La reproduction photographique  des hommes et des bâtiments constitue un apport incontestable à la connaissance des événements.

Les destructions de la Commune ont été largement photographiées même si les photographies originales de 1871 apparaissent encore hésitantes, les procédés de tirage et d’instanéité balbutiaient à l’époque.

Les choix des photographes façonnent la vision future de la Commune. Ils produisent un paysage urbain considéré comme dantesque par les témoins du drame. Une sorte de poétique des ruines se dégage de leurs travaux. La photographie devient un oeil-témoin mécanique proposant un instantané de l’événement dépouillé de tout artifice artistique.

Les photographes professionnels participent à l’élaboration d’un Paris en ruines tout en étant des auxiliaires de l’autorité en témoignant des crimes communards. Cette production photographique reste, néanmoins le meilleur moyen de restituer la situation telle que la découvrait les Parisiens après la reprise du pouvoir par les Versaillais.

Les photos reflètent aussi la stratégie utilisée par les photographes pour imposer cette nouvelle technique. Ils espèrent obtenir une reconnaissance en tant que spécialistes des ruines ce que la commission des monuments historiques avait initié quelques années auparavant en mandatant en 1851 une mission héliographique confiée à cinq photographes : Hippolyte Bayard, Henri Le Secq, Edouard Baldus, Gustave Le Gray et G.Mestral, pour fixer les bâtiments menacés de destruction.

Les photographes de cette époque se perçoivent aussi parfois comme des auxiliaires de l’autorité et de l’armée. De la Crimée au Mexique, ils gardent la trace des opérations militaires et des civilisations croisées. La propagande impériale passe aussi par la photographie. Cette fonction va être réactivée par les pouvoirs publics qui les chargent de fixer les dévastations de la Commune avec un résultat qui probablement amplifie la réalité en se concentrant sur les monuments du centre historique de Paris qui forment de « belles ruines » quasiment à l’antique alors que la périphérie de la capitale est représentée par des fortins, tranchées ou batteries abandonnées.

Les photographes sont encore soumis à de multiples contraintes techniques. Le temps de pose de plusieurs secondes leur interdit notamment de fixer le mouvement. Le moment de la destruction, notamment par l’incendie, ne peut pas être photographié, les personnages sont dans des postures figées. De plus les clichés restent monochromes alors que des lithographies reproduction de clichés hâtivement coloriés, sont largement diffusées dans le public.

Beaucoup de reportages photographiques paraissent dès la fin de l’année 1871 sur les destructions de la Commune. Nous avons déjà présenté dans ce blog, un album complet de cartes postales sur ce thème, Les ruines de Paris et de ses environs .

Paris sous la Commune. Par un témoin fidèle : La photographie paraît sous forme de livraisons et tardivement par rapport aux événements, vers 1890. Ces fascicules contiennent plus de 150 photographies (scènes de barricades, bâtiments détruits, scènes de combat, portraits de communards, scènes de procès…). Vingt ans après la disparition de la Commune, la IIIe République voulait tourner la page comme elle l’avait déjà fait avec l’amnistie totale du 11 juillet 1880 qui permet aux communards déportés, emprisonnés ou proscrits de rentrer en France et de reprendre leur place dans la vie politique et sociale.

La photographie garde alors seule la trace de ces événements qui progressivement s’estompent des mémoires collectives.

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Paris sous la Commune par un témoin fidèle : La photographie. Paris, bureau de vente 17 rue du Croissant, sd (circa 1890). Un volume in-4 oblong (27,5 cm x 38,5  cm)

Ouvrage paru initialement en livraisons et rassemblées en un volume. Reproductions de photos en noir légendées (scènes de destruction à Paris et en Banlieue, portraits de Communards avec fac-simile de textes, scènes de procès et pages des Murailles Communales) et 4 pages contenant 32 costumes militaires en couleurs de la Commune d’après Raffet.

Deux couvertures de livraison ont été conservées.

Demi-basane. Dos à cinq nerfs. Titre doré. Quelques frottements aux coiffes.

Bon exemplaire de cette série rassemblée en un volume et offrant un saisissant témoignage des événements de l’époque.

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