CHAVETTE (Eugène). Restaurateurs et Restaurés. SIEBECKER (Edouard). Cocottes et Petits Crevés. FREBAULT (Elie). Les Industriels du Macadam. PAUL (Adrien). Les Usuriers. Floueurs et Floués.

 

Tous les amateurs de vieux livres ont forcément eu entre les mains à un moment ou à un autre des exemplaires de cette typologie d’ouvrages propres au XIXe siècle, les physiologies. Ce genre littéraire particulièrement en vogue au milieu du XIXe siècle quand l’édition française connaît un développement extraordinaire lié au progrès des techniques d’impression, à la libération des lois sur la presse et à l’élévation générale du niveau de l’éducation. Ces caricatures de moeurs décrivant les comportements et les caractéristiques d’un groupe social ou professionnel assortis de dessins soulignant les traits supposés particuliers, des concierges, notaires, bourgeois, provinciaux….etc rencontrent un large succès. Ces ouvrages rédigés souvent par les meilleurs auteurs et dessinateurs de l’époque nous permettent de découvrir le quotidien de toute une société connue encore aujourd’hui par les romans de Balzac, Flaubert ou Zola.

Louis Huart rédacteur de La Caricature et du Charivari est présenté comme le créateur de ce genre avec son Muséum parisien, histoire physiologique, pittoresque et grotesque de toutes les bêtes curieuses de Paris et de sa banlieue illustré par Grandville (Beauger, 1841). L’éditeur Curmer publie de 1840 à 1842, les Français peint par eux-même, résumé de la société française sous la Restauration. Hetzel fait paraître en 1845 et 1846, Le Diable à Paris : Paris et les Parisiens. Moeurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie privée, publique, politique, artistique, littéraire, industrielle. Une seconde édition paraîtra en 1868.

Tous ces tableaux de moeurs en édition de luxe ou en édition populaire rencontrent un succès constant jusqu’à la fin du XIXe siècle. Mais la période faste du genre se situe au début des années 1840. Le marché parisien est alors inondé  d’une centaine de publications de petits volumes in-32 imprimés sur un médiocre papier, ornés de vignettes et vendus 1 franc. Ces éditions populaires tirées à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires rencontrent un vif succès. Chaque lecteur peut alors se moquer des travers des populations décrites en lisant ces amusantes caricatures de moeurs en oubliant que lui aussi est le sujet d’un ouvrage dont se délecte ses voisins.

Nous allons nous attarder sur quelques titres de ces physiologies qui dépeignent différentes catégories sociales parisiennes du milieu du XIXe siècle.

Eugène Chavette et Cham dans Restaurateurs et restaurés, nous offrent une revue anecdotique des multiples établissements où le Parisien va chaque jour s’attabler. Il y a loin du perdreau truffé des boulevards à l’arlequin des Halles et cet ouvrage nous entraîne dans les lieux prestigieux ou modestes de la capitale qui nourrissent la population. Ainsi successivement on découvre : Les grandes cuisines, Les coulisses, les types d’originaux, les bonnes maisons, les petites bourses –à prix fixe, Les tables d’hôte, Chez Duval, Les excentriques, Les fourchettes en fer, L’arlequin, Dernier échelon, La cuisine bourgeoise.

Eugène Chavette (Eugène Charlemagne Vachette 1827-1902). Fils d’un restaurateur parisien, il commence tardivement à écrire. Il collabore au Figaro, au Tintamarre, à l’Evénement. Il publie aussi des romans policiers.

Cham (Amédée de Noé 1818-1879). Après avoir échoué au concours de Polytechnique, il se tourne vers une activité artistique, fréquente les ateliers des peintres et se spécialise dans la caricature. Il collabore au Charivari où il donne sa production pendant presque quarante ans. Il devient un des grands humoristes du journal. Il travaille aussi pour l’Illustration. Parallèlement à ses activités journalistiques, il publie des récits de voyage et des albums de caricatures. Son succès à l’époque était considérable.

Edouard Siebecker et Alfred Grévin dans Cocottes et Petits crevés nus conduisent dans  l’univers de la galanterie. Ouverture : Comment on saisit l’esprit d’une époque-Le Guerrier-Le Moine et le Chevalier-L’Amour commence à paraître-La Dame-L’Art-La Galanterie-La Roture lance dans le monde ses fils, les artistes et les poètes, et les courtisanes, ses filles-L’Affeterie-Le Libertinage-La Révolution-Les Enfants de Thermidor, Incroyables et Merveilleuses-Petits-maîtres et Petites-maîtresses-Restauration-Vieux Dorantes et vieilles Célimènes-Paillardises-Le Romantisme-Lions, Lorette, Grisettes-Avénement du Bourgeoisisme-Prostitution-Cocotte et Petit Cevé. Le Petit crevé : Etymologie-Son type-D’où sort-il ?-Le Fœtus-Comment on se forme. Le Pouillard : Programme des connaissances-Ce qu’il faut pour gagner ses éperons-Le Billet à ordre-L’Enlèvement de la prima donna-La Déclaration de Gugusse. La journée d’un petit crevé : La Chambre à coucher-Le Petit lever-La Correspondance-La Préparation du déjeuner-La Soupe à l’oignon de Mlle Nichette-La Toilette de Mlle Nichette-L’Amie-Ce pauvre Jules-Timothée-à Chaillot !-Le Père du jeune homme-La Promenade au bois-La Mère du jeune homme-Un Arthur de haut bord-Monsieur, Madame et Bébé-La Vengeance de Clara-La Soirée de Mme Norine-Entre gens qui se comprennent-Où la chèvre est attachée, elle broute-Le Sommeil du Petit Crevé-Pourquoi poussent les champignons. La Cocotte : Doù elle vient-Cherchez l’homme !-L’engrenage-Les Bastringues universitaires-La Crevette-Ce qu’il faut pour plaire-Quand trois poules sont aux champs-Aristocratie, Bourgeoisie, Prolétariat-La Grande Route-Ce que coûte le travail-La Marchande de sommeil-On demande un homme distingué-Les Désillusions-Donnant, donnant-L’Entremetteuse-Comment on se produit-La Marchande à la toilette-Au haut de la côté-Le dessous des cartes-La Famille de la Cocotte-Chacune traîne son boulet-Ce qui vient de la poudre s’en retourne à la poudre. Les Courtisanes-Entre Marion Delorme ou Ninon de l’Enclos et Cora Pearl et Rigolboche. Le déguisement forcé.

Edouard Siebecker (1829-1901), journaliste et écrivain. Il commence par servir dans l’armée qu’il quitte après le coup d’état du 2 décembre 1851. Il devient secrétaire d’Alexandre Dumas puis d’Augustin Thierry. Il sera par la suite employé à l’administration de la Compagnie des chemins de fer de l’Est avant de faire ses débuts de journaliste en 1861 au Figaro. Il collabore aussi à l’Esprit nouveau, à la Vie parisienne, à La liberté, au courrier français, au Charivari…et à partir de 1899 au Petit National dont il est le rédacteur en chef. Pendant la guerre franco-allemande, il est capitaine à l’état major de la Garde nationale. Après la guerre, il est l’auteur de nombreux récits patriotiques.

Alfred Grévin (1827-1892). Il commence sa carrière professionnelle comme employé des chemins de fer dans la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. A partir de 1853, il s’installe à Paris et rejoint le Gaulois où il publie ses caricatures. Il collabore aussi quelques années plus tard au Petit Journal et au Charivari. En 1869, il fonde l’Almanach des Parisiennes. En parallèle il travaille aussi comme costumier au théâtre. En 1888, Arthur Meyer le contacte pour réaliser son projet de musée de cire, musée qui portera le nom de l’auteur des premières figures de cire.

Elie Frebault et Albert Humbert dans les Industriels du Macadam, nous font découvrir tous les personnages qui fréquentent l’espace public. Le côté des artistes : Une race qui se perd-Les temps difficiles-Comment on devient géante-Inconvénient des relations avec les phénomènes ; Les coulisses du bœuf gras : Le personnel du cortège-Un état où la morte saison dure longtemps-La toilette des artistes ; Les virtuoses de la rue : L’invasion étrangère-Les nationaux-Les drames inconnus-Un tour de musico-Types populaires-La scie de l’orgue ; Le camelot-Les gens qui ne veulent pas être chez les autres-Les cartes à la chandelle-L’article Paris-Les ficelles du métier ; Les excentriques : Les originaux de la rue-Grandeur et décadence du marchand de coco-Défilé d’excentriques-La tradition de l’astonomie-Les témoins ; Les petits marchands : Un aperçu des petits commerces parisiens-Les confidences d’un marchand d’habits-Une victime des démolitions-Les métiers ingrats-Les lanciers de M.le préfet-L’homme libre du macadam-Les phalanges du Puy-de-Dôme-La fausse Auvergnate-Le coup du lapin à l’Auvergnat ; Les irréguliers du Macadam : Les industries du monde interlope-Les variétés de la carotte-Un truc auquel on se laisse prendre-Seméfier des monuments.

Elie Frebault (1827-1911), Journaliste,

Albert Humbert (1835-1886)

André Paul et Benassis dans les Usuriers. Floueurs et Floués explorent les circulation de l’argent. Préliminaire l’univers des brasseurs d’argent se dévoile. L’étiquette & le sac-Chateaubriand & beefsteack-Le voleur n’attend pas le nombre des années, Fin-courant : Le diamant & le miroir-L’usurier maigre & l’usurier gras-Le passage de l’opéra & Charenton, Nicomède jobard : Boisseaux de millions-Un seul actionnaire-Une héritière-Mlle Turlurette-Un bateau de charbon dans une corbeille, L’inconnu et l’homme de paille : Les bottes s’usent , mais l’espoir persite-De l’argent à tout prix-Mlle Folichonne, Autre ficelle : Le lion & ses ours-Shylock-Les a-compte-La pipe de Blücher & la tête d’Holopherne, Un philanthrope du quartier du Temple : Puros & pilules-Bénéfice deshonnête, Le juif Samuel : Démolition patrimoniale-Tout arrive, Ces petites dames de l’usure : Ange si pur ! – Attendrir une caisse-L’A  , Clichy : Ruses contre ruses-Lettres de cachet, Le Réméré : Est-ce qu’on sait jamais ! –Le bout du fossé-Concurrence aux melons-Le paysan & l’usure, L’usurier des pauvres : Cinq mille pour cent-500 francs de capital & 1600 francs de rente, Quelques réflexions en passant : Banque populaire-Variante de l’usure-Un paletot sous les apparences d’une girafe, Intérêts composés : De l’argent qui sommeille-Intérêts qui courent, Le café l’endos : A quels seings se vouer-Les signatures à 2fr.50-Rosse & planche-Le duc de *** & son tailleur, L’usure aux fines herbes : Le garrot & le sifflet-Un pied de biche & celui de la table-Le feu au poudres-La Cagnotte ? Préteurs sur gage et autres profils : Mines de Saint Godiche-La moitié d’une paire de pantoufles-Séparés de biens-Succès & déconfitures-Quand on fut vertueux, L’usurier des dames : Le Sage-Mme la Ressource-Mme Raphaël-Une honnête bourgeoise-Chair à drôlesses-M.Tout-le-Monde.

Nos exemplaires ont souffert des manipulations de leurs différents propriétaires au cours de ces cent cinquante dernières années. En effet, ces éditions tirés sur des papiers fragiles et peu onéreux à l’époque n’ont pas été épargnées par le temps. Nous avons donc ajusté nos prix en conséquence.

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CHAVETTE (Eugène). Physionomies parisiennes. Restaurateurs et restaurés. Paris, Le Chevalier, 1867. Un volume in-16 (14 cm x 10 cm), 126 pp.

Dessins par Cham.

Broché. Dos restauré (bande adhésive). Petit manque de papier à la couverture.

Vendu .

Pour consulter nos bibliographies c’est .

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SIEBECKER (Edouard). Physionomies parisiennes. Cocottes et petits crevés. Paris, Le Chevalier, 1867. Un petit volume in-16 (14 cm x 10 cm), 125 pp.

Dessins par Grévin.

Broché. Manques à la couverture et au dos.

Vendu .

Pour consulter nos bibliographies c’est .

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FREBAULT (Elie). Physionomies parisiennes. Les industriels du macadam. Paris, Le Chevalier, 1868. Un volume in-16 (14 cm x 10 cm), 127 pp.

Dessins par A.Humbert.

Broché. Dos réparé, titre manuscrit.

Vendu .

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PAUL (Adrien). Physionomies parisiennes. Les Usuriers Floueurs et Floués. Paris, Le Chevallier, 1868. Un volume in-16 (14 cm x 10 cm), 127 pp.

Dessins par Benassis.

Broché. Petit manque de papier au dos.

Vendu .

Pour consulter nos bibliographies c’est .

 

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