MOUREY (Gabriel). Illustrations d’Edgar CHAHINE et de François QUELVEE. Fêtes foraines.

 

Au début du 20e siècle les fêtes foraines étaient fort populaires et attiraient un nombreux public le plus souvent au coeur des villes. Gabriel Mourey en capte l’atmosphère particulière avec leurs  attractions qui parfois semblent insolites de nos jours mais que les illustrateurs savent cerner d’un trait vif et précis.

Le livre Fêtes foraines de Gabriel Mourey a rencontré de nombreux lecteurs et connu plusieurs éditions. Nous vous en présentons deux, l’édition réalisée pour les Cent bibliophiles et  illustrée par Edgar Chahine en 1926 et une édition légèrement postérieure parue en 1927 et illustrée par François Quelvée.

Gabriel Mourey (1865-1943), romancier, poète, auteur dramatique, traducteur et critique d’art. Il commence par publier des poèmes et lance en 1884, Mireille, revue des poètes marseillais et publie sa première traduction de l’anglais, Les Poésies complètes d’Edgar Allan Poe en 1889. Il collabore ensuite à de nombreux journaux comme Gil Blas, le Figaro, L’Illustration. Il fréquente les courants symbolistes et devient l’ami de Claude Debussy et est proche de Mallarmé. A partir de 1895, il est chargé par le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-arts de diverses mission d’études artistiques à l’étranger dont l’Angleterre. Dans les colonnes de la revue « The Studio », il rend compte des expositions parisiennes et il en coordonne la traduction française. En France, il fait figure de promoteur des Préraphaélites et du mouvement Arts and Crafts. Mourey milite pour un art à vocation sociale, comme il l’exprime dans les Arts de la Vie et le règne de la laideur (1899). Cette idée trouve son prolongement en 1904-1905 dans la brève revue Les Arts de la Vie qu’il créé et dirige. Attentif à la vie artistique de son temps, il fonde en 1900, la Société nouvelle des peintres et des sculpteurs, qu’il préside jusqu’en 1907. En 1913, il devient conservateur des palais nationaux.

Edgar Chahine (1874-1947) peintre et graveur commence ses études artistiques à Constantinople, les poursuit en Italie avant de s’installer définitivement à Paris en 1895. Il expose à la Société des artistes français de 1896 à 1899. En 1900, il obtient une médaille d’or à L’exposition universelle pour ses gravures. Son premier livre illustré en 1905, Histoire comique d’Anatole France va faire de lui un illustrateur réputé et recherché. Il illustrera les oeuvres de Octave Mirbeau, Joris-Karl Huysmans, Colette, Flaubert, Jules et Edmond de Goncourt, Verlaine….

Nous vous avons déjà présenté un bel ouvrage de Joris-Karl Huysmans intégralement illustré par Chahine : A vau-l’eau.

 » Un arlequin de sonorités aiguës et ronflantes, qui fusent en pétardes nasillardes ou se traînent pâteusement sur une trame obstinée de batterie; une salade d’airs cascadeurs ou pleurnicheurs, gouailleurs ou sentimentaux bleues ou roses, qui courent les uns après les autres sans jamais se rattraper : toutes les scies de café-concert, tous les pas redoublés, toutes les marches, toutes les romances, toutes les valses bleues ou roses… » Ainsi débute l’ouvrage de Gabriel Mourey nous plongeant au coeur de la fête foraine parisienne au début du 20e siècle. Et défilent sous nos yeux, les jeux de massacre, les tirs, les loteries d’articles de ménages, les affreux mannequins contre lesquels s’acharne la maladresse des paisibles boutiquiers. Les roues du hasard tournent et le numéro gagnant est proclamé et se découvrent les attractions improbables comme la femme à trois jambes. Et la foule s’amuse à Vaugirard, ou à la barrière du Trône, boulevard de Clichy ou à Neuilly, boulevard d’Italie ou sous les arbres du parc de Saint Cloud.

Des chanteurs ambulants surviennent, on fait cercle pour les entendre ou bien une étrange fille aux cheveux de jais, une espèce d’Esmeralda en maillot rouge pailleté fait travailler un vieux singe et puis les enfants font le siège des balançoires, des manèges de bicyclettes, des carrousels de chevaux-de-bois à la vieille mode et tous admirent les lutteurs, acrobates, haltéristes, clowns, dompteurs et comédiens.  C’est tout l’univers de ces fêtes foraines où le public populaire vient se distraire, s’effrayer ou s’amuser dans une atmosphère bon enfant.

Chacun dans leur style, Edgar Chahine ou François Quelvée croquent les personnages et parsèment de vignettes réalistes le texte de l’auteur.

Nous avons déjà présenté la société des Cent bibliophiles dans Quais et trottoirs, avec les illustrations d’Edgar Chahine pour Fêtes foraines, ses membres ont à nouveau réussi un coup de maître bibliophilique que la belle reliure réalisée par André Kieffer habille parfaitement.

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MOUREY  (Gabriel). Fêtes foraines. Paris, Les Cent bibliophiles, 1926  Un volume in-8 (26 cm x 19 cm), 133 pp.

Gravures d’Edgar Chahine.

Un des cent trente exemplaires numérotés au nom d’un sociétaire.

Plein maroquin orné d’un décor de feu d’artifice stylisé sur le premier plat. Dos à cinq nerfs. Titre doré, tête dorée. Dentelle intérieure, filets dorés et chardons dorés en coins. Couvertures conservées. Reliure signée André Kieffer.

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MOUREY (Gabriel). Fêtes foraines. Paris, André Delpeuch, 1927. Un volume in-8 (19,5 cm x 14,5 cm), 184 pp.

72 dessins de François Quelvée.

Double envois de l’auteur et de l’illustrateur.

Broché.

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Un autre ouvrage sur Chine de Gabriel Mourey et illustré par Charles Huard est disponible sur le site : Les minutes parisiennes. 1 Heure. La Bourse.

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