SAUVAGE (Marcel). La fin de Paris ou la révolte des statues.

 

Dans l’Histoire, sauf en période de guerre où le bronze servait aux canons, le déboulonnage des statues intervenaient lors de la chute de tyrans. Les populations malmenées par une dictature, souhaitaient manifester la fin d’un régime honni.  Les statues brisées marquaient la fin d’une époque et la disparition du dictateur.  Depuis quelques mois des manifestants au nom d’une vision contemporaine des sociétés passées, s’appliquent à mettre à bas les effigies de personnages dont ils vilipendent l’action.

Dans la fin de Paris  ou la révolte des statues, Marcel Sauvage imagine en 1932, un scenario inverse. Les statues prennent le pouvoir sur les vivants !

Marcel Sauvage ( 1895-1988) grand blessé de guerre, fonde en 1920 la revue Action qui cessera de paraître en 1922, puis il entre à l’Intransigeant en 1926. Parallèlement il publie des romans aux éditions Denoël. En 1939, il devient rédacteur en chef adjoint de l’agence internationale de presse Opera mundi. Il a été membre du jury du prix Renaudot.

Un soir à Paris pendant les années trente, un journaliste à l’Intransigeant découvre que les statues parisiennes parlent et s’animent. Elles se débarrassent de certains de leurs attributs à la grande surprise des passants et bouleversent le paysage des rues. Ces événements provoquent une série de catastrophes.

Il y a suffisamment de statues de rois et de militaires pour organiser la révolte et se manifester en exigeant par pétition au Président de la République  la dispersion des parisiens et l’évacuation de la ville. Le Président croit à une plaisanterie. Quarante-huit heures plus tard toutes les statues bougeaient. Le gouvernement mobilisait l’armée et faisait garder  les statues par les soldats.

Le télégraphe optique de Chappe émettait un étrange pétillement .

En avant ! cria Déroulède .

Les statues de Paris agitaient toutes leurs paupières. La situation provoquait des attroupements et des embouteillages gigantesques interrompant la circulation. Et puis vers minuit, les statues s’endormirent.

La presse parisienne commentait et aussi la presse étrangère de Moscou à Berlin et aussi de Londres à Rome, Chicago, Pretoria…

Chacun commençait à craindre pour soi-même et s’inquiétait des débordements constatés. Les statues des jardins du Luxembourg capturaient des oiseaux Le zouave se baignait, les cavaliers de pierre sautaient de leur cheval

Et les policiers chargés de les surveiller prenaient la fuite. Les parisiens tentaient eux aussi de fuir mais les statues des villes environnantes les en empêchèrent.

Un maréchal fut désigné pour gérer le chaos tandis que le gouvernement partait aux Etats-Unis.  Il ordonna de dynamiter 53 statues. En riposte les statues décidèrent d’abattre la Tour Eiffel.

Charlemagne attendait dans la rue Royale .

Le Maréchal Ney descendait les Champs-Elysées .

Le débat faisait rage entre les tenants de l’artillerie à outrance et les prudents qui ne voulaient pas tirer sur Le Louvre, les Tuileries, le Luxembourg, l’Hôtel de Ville.

De leur côté les Parisiens avaient dû se replier dans les faubourgs. La plupart des usines, ateliers, des commerçants et des  banques étaient fermées. Le chômage était considérable. Malgré cela on lisait des romans policiers pour tromper la faim. Dekobra faisait une nouvelle fortune. On tirait Paul Valéry en éditions populaires. Victor Hugo, Descartes, Montaigne étaient réédités en fascicules à 50 centimes avec des dessins de Picasso et de Sennep.

Mais les désaccords surgissaient entre les statues tandis que le pouvoir les sommait de rejoindre leur socle et de n’en plus bouger.

S’ensuivait un affrontement dantesque entre l’armée et les statues dont l’issue ne peut être dévoilée…

Ce conte moderne est particulièrement original et plaisant et puis ces statues bouleversaient un ordre social finement décrit qui fait tout le sel de ce récit.

Nous vous le proposons en édition originale qui comprend une série de photographies en noir et blanc mettant en scène le réveil des statues.

La première colonne d’attaque venant du Louvre .

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SAUVAGE (Marcel). La fin de Paris ou la révolte des statues. Paris, Denoël et Steele, 1932.  Un volume in-12 (10 cm x 12 cm), 215 pp.

Photographies en noir et blanc hors-texte.

Broché.

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