PIA (Philippe-Nicolas) Détails des succès de l’établissement que la ville de Paris a fait en faveur des personnes noyées. MAILLARD (Firmin). Recherche sur la morgue.

 

D’une famille d’apothicaire, Philippe-Nicolas Pia (1721-1799) devient pharmacien en chef de l’armée française en Allemagne au début de la guerre de succession d’Autriche. Puis il est apothicaire-major de l’hôpital militaire de Strasbourg. De retour à Paris en 1744, il est immatriculé dans sa corporation. Il exerce au Carrefour de la Croix-Rouge. En 1768, Philippe-Nicolas Pia est administrateur de l’hôpital général et receveur charitable des revenus des Galériens à la tour Saint-Bernard au faubourg Saint Marcel.

Le 16 août 1770, il est élu à l’échevinage. Pendant son mandat, il met en place un service de secours efficace pour les noyés qui devient opérationnel en juin 1772.

Les transports par voie d’eau constituent le principal moyen d’acheminement du bois, du charbon et des matériaux de construction vers la capitale. Les populations des bateliers, des déchargeurs, ainsi que des blanchisseuses et des passeurs d’eau sont exposées aux accidents. Secourir un noyé est une idée assez récente alors que l’on pensait que toute personne inanimée serait définitivement perdue et que son approche en l’absence d’un officier de police, exposerait à des difficultés d’ordre judiciaire.

L’incitation au civisme et à la solidarité est obtenue par la remise de récompenses pécuniaires. La conduite des opérations de secours pourra réussir grâce à la mise à disposition sur place du matériel et des médicaments nécessaires, et aussi par la compétence médicale des intervenants recrutés dans les personnels de la Garde de Paris. Ceux-ci, présents dans leurs quinze corps de garde postés le long du fleuve, sont dépositaires de ce matériel.

En accord avec la médecine de son temps, Philippe-Nicolas Pia réunit, dans des coffres de bois vernis dénommés Boîtes-entrepôt, les ustensiles et les médicaments nécessaires à la réanimation des personnes retirées de l’eau.

Il assure la formation médicale et thérapeutique des militaires de la Garde de Paris. Il met en place le premier corps constitué de secouristes. Il encourage le civisme par le versement de récompenses. Le Bureau de la ville fixe le montant des gratifications qui seront attribuées. La personne qui avertit le corps de garde en indiquant le lieu où se trouve le noyé, recevra 6 livres. Ceux qui le retirent de l’eau et aident à l’administration des soins reçoivent 24 livres. Aux sergents et soldats qui coopèrent à l’administration des secours, on distribuera 18 livres dont 6 pour le sergent. Les frais occasionnés à des particuliers seront remboursés. Pour ceux qui ne souhaiteraient pas recevoir d’honoraires. Pia envisage de leur remettre une médaille.

Au mois d’août 1772, Philippe-Nicolas Pia termine son mandat d’échevin

Par la suite, il consacre principalement son activité au fonctionnement de son établissement en faveur des noyés dont il est officiellement le directeur. Son autorité dans la capitale s’étend aux intendances de province. Formulant conseils, avis et instructions, elle lui permet également de regrouper des informations d’ordre scientifique et matériel. Chaque année, il entreprend de publier le fruit de son expérience, de faire connaître ses résultats. Editées de 1773 à 1779, les six parties de ses Détails des succès de l’Etablissement que la ville de Paris a fait en faveur des personnes noyées, présentent les aspects médico-sociaux de sa gestion. Au sein de la population parisienne, il fait accepter pour la première fois le concept des secours.

Les corps des noyés de la Seine terminaient à la morgue dans la Basse-Geole du Grand-Châtelet qui sera détruit en 1802. Firmin Maillard dans son ouvrage, Recherches historiques et critiques sur la morgue, qui parait en 1866,  nous raconte l’histoire de cette institution parisienne.

Charles Meryon. La Morgue in Eaux-fortes sur Paris par Charles Meryon .

Au XIXe siècle, la morgue connait deux établissements successifs situés dans l’Ile de la Cité. Le premier, à partir de 1804, se trouve  quai du Marché-Neuf face à la rive gauche) ; le second, à partir de 1864, quai de l’Archevêché, à la pointe orientale, derrière Notre-Dame.

La morgue dépend de la Préfecture de police, elle reçoit des corps non seulement de Paris mais de toutes les communes de la banlieue dans le ressort de la Préfecture de Police

La morgue a pour but de recueillir et d’identifier les cadavres inconnus ou non réclamés trouvés sur la voie publique. Mais ce lieu présente une singulière particularité. Les cadavres sont exposés dans une vitrine qui est destinée à être vue. La morgue est ouverte tous les jours, du matin jusqu’au soir et à tout le monde et gratuitement. « La morgue c’est le Luxembourg, la Place Royale de la Cité . « On va là pour voir les noyés, comme ailleurs on va pour voir la mode nouvelle, les orangers en fleurs, les marronniers, etc »

Firmin Maillard détaille le fonctionnement du lieu, son administration, fournit des statistiques et relève, les erreurs, préjugés et légendes qui entourent l’endroit.

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PIA (Philippe-Nicolas). Détail des succès de l’établissement que la ville de Paris a fait en faveur des personnes noyées & qui a été adopté dans diverses Provinces de France. Sixième partie. Années 1777 & 1778. Paris, Auguste-Martin Lottin, l’aîné, 1779. Un volume in-12 (18,5 cm x 11 cm), 232 pp.

Broché, couverture dominotée d’attente (fatiguée).

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MAILLARD (Firmin). Recherche sur la morgue. Paris, Adolpde Delahays, 1866. Un volume (17 cm x 12 cm), 156 pp.

Reliure cartonnée contemporaine, couvertures d’origine conservées, pièce de titre.

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