GUYON. Biographie des commissaires de police et des officiers de paix de la ville de Paris. ELOUIN. Nouveau dictionnaire de police.

 

En ces temps où la Police est particulièrement sollicitée, attardons nous un peu sur son organisation au cours des siècles passés. Le monumental ouvrage de Delamare sur la police parisienne ou celui plus condensé de Frégier, nous ont déjà donné l’occasion d’aborder ce sujet. Nous l’approndissons aujourd’hui avec deux ouvrages édités au XIXe siècle, la Biographie des commissaire de police et des officiers de paix de la ville de Paris et le Nouveau dictionnaire de police.

Et pour une vision plus romancée de l’univers policier, il y a les Mémoires de Vidocq .

La cour royale de Paris a ordonné la destruction de l’ouvrage de M.Guyon. En effet,  chaque biographie est un violent pamphlet contre les abus et ignominies auxquels s’abandonneraient ces fonctionnaires. « Offrir quelques renseignemens sur les Commissaires de police de Paris, sur cette classe de fonctionnaires publics chargés de maintenir l’ordre parmi les habitans, de surveiller les méchans et de protéger les bons, c’est peut-être se charger d’une tâche difficile à remplir. Il ne s’agit rien moins que de signaler les abus auxquels s’abandonnent des hommes spécialement destinés à prévenir les désordres et à sévir contre ceux qui les commettent. Il a fallu prendre sur le fait les intérêts particuliers de ces Magistrats, combattant sans cesse contre l’intérêt général ; il a fallu tendre plus d’un piège à ces malins renards, qui sont continuellement aux aguets, et qui, pour ainsi dire, veilles en dormant. Mais avec beaucoup de persévérance et un peu d’adresse, on atteint tous les buts du monde » Les premières phrases du livre de Guyon expliquent sûrement la destruction du livre ordonnée par la cour royale.

Nous sommes sous la Restauration et l’on découvre que les commissaires de police parisiens de l’époque s’adonnaient à de multiples activités assez éloignées de leur mission principale telle que l’on entend de nos jours. L’auteur dans la première partie de l’ouvrage consacrée à la biographie des commissaires de police de la ville de Paris  et à celle des officiers de paix de la ville de Paris, détaille sans complaisance les différentes activités lucratives de certains et le goût d’autres pour les manipulations les plus diverses dans leur rôle d’espionnage de la société. Mais plus que les petites affaires financières ou la collecte d’information,  l’auteur développe ses idées sur la police parisienne dans une partie intitulée, Essai sur l’art de conspirer « L’administration de la police, créée dans des vues d’utilité publique, ne se nourrit en partie maintenant que d’exagérations et de vexations…. ». Le propos se poursuit par une notice sur la police en général et sur ses adhérences où il traite de l’organisation de la préfecture de police, de la police centrale, de la police militaire, de la police du château des Tuileries, de la police de la garde royale et des gardes du corps, de la police de la place de Paris, de la police des alliés. Toute l’organisation policière parisienne ainsi que celle de la gendarmerie de Paris est passée en revue au prisme de l’auteur qui poursuit sa présentation sur le registre précédent de la dénonciation de tous les dysfonctionnements de l’Institution. L’ouvrage se termine par deux chapitres consacrés aux prostitués de la capitale et à Vidocq et sa bande qui lui aussi ne trouve pas grâce aux yeux de l’auteur : «  N’est-ce pas une chose inouie, que de voir mettre les armes entre les mains d’individus que la justice a flétris, et que la Société a pour toujours repoussés de son sein ? L’existence publique du chef de ses individus, le nommé Vidocq, est une monstruosité qui pèse énormément sur la police… »

Après cet ouvrage à charge contre la police parisienne du début du XIXe siècle, consultons   le nouveau dictionnaire de police de M.Elouin, Trébuchet et Labat, plus classique dans sa forme et beaucoup moins polémique sur le fond. Les auteurs dans leur introduction évoquent les grandes périodes policières du royaume de France et en particulier l’organisation de la police parisienne : De la police selon les capitulaires (769-987), De la police sous le régime féodal ; les baillis et les sénéchaux ; le prévôt de Paris et le Chatelet ; Le prévôt des marchands et l’Hôtel-de-Ville ; le Parlement (987-1666), Lieutenants généraux de Police (Mars 1667-Juillet 1789), M.de La Reynie-29 mars 1667-, Le marquis d’Argenson (1697), M.Machault d’Arnouville (Juin 1718), M.le comte d’Argenson (Janvier 1720), M.Taschereau de Baudry (Juillet 1720), M.Ravot d’Ombreval (Janvier 1724), M.René Hérault (Août 1725), M.Feydeau de Marville (1739), M.Berryer (1747), M.Bertin (1754), M.de Sartines (1759), M.Le Noir (1774), M.Remond d’Albert (1775), M.Le Noir (1776), M.Thiroux de Crosne (1785), Police de Paris sous la municipalité provisoire (Juillet 1780-Octobre 1790), Police de Paris sous la municipalité définitive ou constitutionnelle (1790-1793), Comité révolutionnaire-Commission administrative (Fructidor an II-Brumaire an IV), Bureau central (1795-1800), Préfecture de Police, Commissaire de police, Sapeurs-pompiers, Sergents de ville, Inspecteurs de police, Conseil de salubrité…

Puis Le nouveau dictionnaire, aborde dans l’ordre alphabétique, tous les sujets relevant d’un pouvoir de police ainsi de « Abandon » – Le dépôt de tout objet trouvé abandonné, doit être fait entre les mains de l’officier de police le plus voisin-Voir animaux abandonnés, enfants abandonnés, effets trouvés ou perdus. Décision du préfet de police du 19 frimaire an XIII (10 décembre 1804). Conséquence de l’art.379 du Code pénal à, « Zinc » – Voir pour les usines à laminer la zinc et pour la fabrication du sulfate de zinc. Etablissement dangereux, etc., deuxième classe, voir aussi Mines. Nous avons ainsi une large vision de la nature des interventions policières au début du XIXe siècle.

Du pamphlet politique à l’austère présentation technique des spécialistes du droit,  nous couvrons l’activité policière du début du XIXe siècle du côté des hommes et du côté des textes.

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GUYON. Biographie des commissaires de police et des officiers de paix de la ville de Paris, suivie d’un essai sur l’art de conspirer et d’une Notice sur la police centrale, la police militaire, la police du chateau des Tuileries, la police de la garde royale, la police de la place, la police des alliés, les inspecteurs de police, la gendarmerie, les prostituées de la capitale, Vidocq et sa bande. Paris, chez Mme Goullet, 1826. un volume in-8 (22 cm x 13,5 cm), IV-238 pp.

Demi-basane havane, pièce de titre, filets dorés. Une charnière fendue.

Intéressant exemplaire présentant l’état de la police de l’époque et les membres de cette Institution dont les pratiques sont sérieusement critiquées. Les autorités ayant ordonné la destruction de ce livre, peu d’exemplaires sont parvenus jusqu’à nous.

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ELOUIN, ancien magistrat, A.TREBUCHET, avocat, chef de bureau à la préfecture de police, E.LABAT, archiviste de la préfecture de police. Nouveau dictionnaire de police ou Recueil analytique et raisonné des lois, ordonnances, règlements et instructions concernant la police judiciaire et adeministrative en france; précédé d’une introduction historique sur la police depuis son origine jusqu’à nos jours. Paris, Béchet jeune, 1835. Deux volumes in-8 (21 cm x 13 cm), (2)-CXXXII-694-921.

1/2 veau à coins, dos ornés de filets dorés, pièces de titre et de tomaison. Tranches rouges. Plats frottés et et 3 coins légèrement usés mais reliure de belle facture.  Feuillets roussis dans le second volume.

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