EUVOI DE HAUTEVILLE (R.P.Joseph JOUVE). Histoire de Zénobie, Impératrice-Reine de Palmyre.

 

Si vous avez connu le site de Palmyre avant que des fous sanguinaires mettent à bas deux millénaires de pierres et assassinent sa population, vous êtes sans doute passés devant l’hôtel Zénobie qui donnait sur les ruines et avait un charme indéfinissable. Cette vieille batisse qui est aujourd’hui détruite, datait de 1924 et gardait le souvenir d’une de ses popriétaires, Marga d’Andurain (1893-1948). Cette aventurière française achète l’hôtel en 1925 puis se convertit à l’islam et projette de se rendre à La Mecque pour tenter d’être la première européenne à pénétrer dans cette ville. Elle échouera dans sa tentative.  Après l’empoisonnement de son mari, un chef bédouin, elle est accusée de meurtre et emprisonnée à Djeddah en 1933. L’intervention du consul français, lui permet néanmoins de rentrer à Palmyre. Son premier mari disparaît à son tour poignardé sur la terrasse de l’hôtel. Faute de touristes, elle quittera Palmyre avant la seconde guerre mondiale pour finir assassinée dans la baie de Tanger en 1948. Marga d’Andurain se voyait la réincarnation de la reine Zénobie qui régna sur la région au 3ème siècle avant d’être vaincue par les Romains.

Vue cavalièe de Palmyre. 1759. Source Gallica.

Palmyre appartenait à un réseau marchand reliant la Syrie à la Mésopotamie et à la côte méditerranéenne. Intégrée à l’Empire romain sous Tibère (an 19) dans la province romaine de Syrie, elle connut son apogée sous Hadrien qui la visita en 129. En 212, l’empereur Caracalla la promeut au statut de colonie romaine.

Zénobie profita de l’incapacité des empereurs romains à défendre la Syrie contre les Perses sassanides ainsi que l’anarchie régnant à la tête de l’empire pour proclamer son fils Wahhallat empereur de Rome, en 271 tandis qu’elle prit elle même le titre d’Augusta ou impératrice.

Monnaie bronze. Zénobie. Alexandrie. Source Gallica.

Ses troupes prirent l’Egypte à l’automne 270. Elle détenait sous son autorité la Syrie et la Phénicie puis l’étendit en Asie Mineure. Zénobie fit de Palmyre un foyer culturel brillant du proche Orient atirant les premiers chrétiens, des artistes, des rhéteurs et philosophes. Cependant les difficultés survinrent avec l’arrivée au pouvoir d’un nouvel empereur, Aurélien. Zénobie tenta de négocier afin que son fils soit associé à son pouvoir. Mais Aurélien décida de mettre un terme définitif aux activités de la reine-impératice. En Egypte, des troupes romaines fidèles à l’autorité d’Aurélien, chassèrent les troupes palmyréniennes. Aurelien entreprit une expédition en 272 et remporta une série de victoires sur les troupes palmyréniennes en Asie Mineure. La ville tomba sans combat car elle ne disposait pas de remparts. Palmyre fut mise à sac, mais ne fut pas détruite. L’empereur fit Zénobie prisonnière. Emmenée  à Rome, elle orna le triomphe d’Aurélien et fut condamné à l’exil.

A partir du IVe siècle, la prospérité de la cité caravanière décline. Palmyre devient une ville de garnison, poste avancée de la Syrie contre les invasions des Perses.

Au XVIIIe siècle, quelques voyageurs occidentaux commencent à s’aventurer dans ces lieux et ravivent le souvenir de Zénobie, la fastueuse reine de Palmyre. Les savants, dont le père Jésuite auteur de l’ouvrage, reconstituent ce passé prestigieux.

Sous le nom d’auteur d’Euvoi de Hauteville se cache le père Jésuite Joseph Jouve (1701-1758) qui enseignait au collège de la Trinité de Lyon. Manifestement, il avait l’habitude d’utiliser des pseudonymes puisque sous le nom de Vojeu de Brunem, il a aussi publié en 1754, Histoire de la conquête de la Chine par les tartares mancheoux. La Compagnie de Jésus qui allait être expulsée de France quelques années plus tard (1763), devait sans doute inciter ses membres à une certaine discrétion.

Plutôt que le souvenir de cette période brillante de leur histoire, le nom de Tadmor (Palmyre) évoque pour les Syriens, la sinistre mémoire d’une des terribles prisons du régime. Les exactions de l’EI en ces lieux ajoutèrent au drame vécu par ce peuple. Les pierres écroulées sont baignées de sang.

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EUVOI DE HAUTEVILLE, B.D.C (R.P Joseph JOUVE).  Histoire de Zénobie, Impératrice-Reine de Palmyre. Paris, chez les frères Etienne, 1758. Un volume in-12 (17 cm x 10 cm), XXIV-357-3pp

Pleine reliure d’époque. Dos à cinq nerfs, caissons décorés, tranches rouges. Une légère galerie de vers sur une quarantaine de pages. Un coin usé.

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