CORROZET (Gilles). BONFONS (Nicolas). Les Antiqvitez et singvlaritez de Paris. De la Sepulture des Roys, & Roynes de France, Princes, Princesses & autres persones illustres : Representez par figures ainsi qu’ils se voyent encore a preset es Eglises ou ils sôt inhumez.

 

 

Aujourd’hui un ouvrage inspiré par Gilles Corrozet (1510-1568) qui peut être considéré comme le premier des historiens de Paris.

Libraire dès 1535, à vingt-cinq ans, il publie cette année là, en son nom, son ouvrage les Antiques Erections des Gaules. Il a sa boutique en la Grande Salle du Palais du côté de la  » chapelle Messieurs », c’est à dire la chapelle des présidents, qui était dans la Grande Salle même, du côté est.

Corrozet eut plusieurs enfants dont un fils, Galiot, qui lui succéda en 1568 et exerçait encore en 1614; une autre fils, Jean, qui est probablement le libraire de ce nom, exerçant rue Neuve-Notre-Dame, dans la Cité, de 1560 à 1571 ou 1596. Le fils de Galiot, prénommé Jean, était encore libraire, toujours au même endroit, sous Louis XIII.

Gilles Corrozet fut un écrivain précoce et fécond. Dès 1531, à vingt et un an il publie les Antiques Erections des Gaules, compendieuse et briève description des fondations des villes et citez assises ès trois Gaules. En 1532, il fait paraître sa Fleur des Antiquitez. Les années suivantes et jusqu’à sa mort, les Sentences, les Blasons, les  » Apophtegmes », les  » Elegies », à propos d’événements contemporains, les  » Epitomes » historiques, les  » Extraits », des poètes, les traductions d’Esope (du latin), de Cebes (du latin), de Flores (de l’italien), de San Pedro (de l’espagnol) se succèdent sans interruption.

En 1532, il publie La fleur des antiquitez, singularitez et excellences de la plus que noble et triumphante ville et cité de Paris, capitalle du Royaulme de France, auec ce, la généalogie du roy Françoys premier de ce nom. On les ved au pmier pillier de la grant salle du Palays. Pour Denys Ianot.

C’est le premier livre publié sous un titre qui promet des recherches archéologiques et dans un format portatif destiné à servir de guide. Dans cet ouvrage, il résume l’histoire de Paris ,  en donnant à propos de chaque souverain, les fondations d’églises ou de couvent qui lui sont dues. Ce n’est évidemment pas là un guide c’est un éloge de Paris, imité de Guillebert de Metz et surtout de Raoul de Presles. Ce premier ouvrage inaugure un genre nouveau mêlant Histoire réelle ou inventée et guide pour les visiteurs car à partir de 1533, l’ouvrage contient une liste des rues, classées par quartiers, une liste des églises et une liste des collèges de Paris. Rien de la sorte n’existait avant cette parution. Nous avons déjà présenté une édition contemporaine de la Fleur des antiquitez.

En 1550, il remanie complètement son ouvrage et fait paraître Antiquitez, histoires et singularitez de Paris qui connaîtra à son tour plusieurs remaniements et rééditions. Les éditions se poursuivront au delà de la mort de Corrozet (1558) jusqu’en 1608.

Si l’on consulte l’ouvrage de Maurice Dumolin, Notes sur les vieux guides de Paris, on trouve le détail des éditions successives :

Fleur. 1532, édition originale. 1533, deuxième édition augmentée, 1534, 1535, 1539, 1543, et 1555 (réimpression de la seconde).

Antiquités. 1550 (édition originale), 1556, 1561, 2e édition.

Editions posthumes. 1559, 1572, veuve Jean Bonfons, 1576, 1577, Nicolas Bonfons, 1571, 1586, N.Bonfons et Galiot Corrozet, 1588, supplément Rabel, 1605, 1606, 1607, Pierre Bonfons, 1608 avec don Jacques du Breul.

En 1581 une entente s’établit entre Nicolas Bonfons et Galiot Corrozet, fils de Gilles prolongeant ainsi l’oeuvre de son père. Cette entente continue en 1586 pour la parution d’une nouvelle édition augmentée comportant de nombreuses additions à l’édition de 1581. Cette édition sera complétée par un supplément illustré qui paraît en 1588 sous le titre de  » Livre second » des  » Antiquitez », avec 56 gravures sur bois » recueillies par Jean Rabel, Maître paintre ». Il était doté d’un privilège de dix ans, cette fois au nom de Nicolas Bonfons, et précédé d’un avertissement macaronique de celui-ci :  » Aux Nobles et illustres Familles de Paris.  » Il contient 4 feuillets liminaires, 121 feuillets chiffrés (le dernier numéroté par erreur 119) et 3 feuillets de table.   Sur ses quatorze chapitres, trois relatent les origines des sépultures chrétiennes et des cérémonies funèbres; les suivants donnent les tombeaux de Sainte-Geneviève, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Denis, les Célestins, les Jacobins, les Augustins, Saint-André-des-Arts, Sainte-Catherine et Saint-Paul dans le IXe et le XIVe sont groupées des inscriptions et des notes sur divers monuments, recueillies de 1586 à 1588. Les tombeaux sont accompagnés d’épitaphes latines et françaises. Treize de ces dernières sont empruntées à Ronsard. Cinq autres sont signées, une de Jodelle, une de Desportes, une de Jean Dorat, une de Du Bartas, et une de Cl.Binet.

Les gravures de Rabel sont curieuses. Ce  » maître paintre » n’était ni un artiste ni un dessinateur de figures. Travaillant d’après nature, il reproduisit les mutilations de certains de ses modèles dans une représentation assez statique ne permettant pas de révéler la qualité de ces sculptures. Néanmoins elles permettent de conserver le souvenir de monuments qui seront détruits par les émeutiers (en 1589 pour les gisants des mignons d’Henri III) ou sérieusement endommagés plus tard à La Révolution.

Cette oeuvre qui, pendant trois quarts de siècle, reste la seule consacré à l’histoire de Paris, n’appartient pas tout entière à Gilles Corrozet. Ne sont de lui que les deux versions de la Fleur et les versions de 1550 et 1561 des Antiquités. Les autres éditions sont des continuateurs de Corrozet qui y ont participé. Mais c’est Corrozet qui leur a ouvert la voie et dont ils ont toujours invoqué le patronage.

Il faudra attendre la fin du XVIIe siècle et les ouvrages (1684 pour la première édition) de Germain Brice pour que le genre fondé par Gilles Corrozet connaisse une nouvelle évolution.

Dans l’intervalle, il importe toutefois de rappeler la contribution du Révérend père Jacques du Breul avec son Théâtre des Antiquitez de la ville de Paris dont la première édition paraît en 1612 et la seconde (avec un supplément) bien après le décès de son auteur en 1639. Il inaugure la description de la ville par quartiers (Cité, rive gauche, rive droite et banlieue) division particulièrement utile pour les livres portatifs.

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CORROZET (Gilles). BONFONS (Nicolas).  Les Antiqvitez et singvlaritez de Paris. De la Sepulture des Roys, & Roynes de France, Princes, Princesses & autres persones illustres  Representez par figures ainsi qu’ils se voyent encore a preset es Eglises ou ils sôt inhumez. Recueillis par Iean Rabel, M.paintre. Paris, Nicolas Bonfons, 1588. Un volume in-12 (17 cm x 11 cm).

Edition originale.

37 figures sur bois sur 56.

Il manque à notre ouvrage les feuillets suivants : 12/13/14/15/36/37/47/54/60/61/71/80/99/103/105/106/107/108/109.

Pleine basane marbrée. Dos ornés de fleurs de lys. Une coiffe fragile, coins usés. Un cachet bibliothèque (Collection Philippe Lescat).

Vendu.

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