Abbé BALOCHE. Saint-Merry. Histoire de la paroisse et de la collégiale. 700-1910.

Le quartier Saint Merry et rues avoisinantes. Plan de Turgot. 1739.

L’église Saint-Merry est une église parisienne située au croisement de la rue Saint-Martin et de la rue de la Verrerie à proximité du centre Georges Pompidou. Le nom de Saint-Merry vient de l’abbé Méderic mort en l’an 700 et dont les restes reposent dans la crypte de l’église.

Au début du XIe siècle, Renaud, évêque de Paris, fait donation de l’église qui existait alors, au chapitre de Notre-Dame. Il exempte en même temps l’église Saint-Merry de la juridiction épicopale et archidiaconale. Au cours du même siècle, sept prêtres desservent la cure; chacun d’eux reste en fonctions pendant un jour de la semaine. En 1219, un chanoine plébain est choisi par ces prêtres pour administrer les sacrements aux fidèles. Il prend bientôt le titre de chefcier.

Le quartier Saint Merry et rues avoisinantes d’après le plan cadastral de la Ville de Paris. 1910.

De 1275 à 1638, la paroisse est gouvernée à la fois par deux curés chefciers ; l’un et l’autre sont membres de droit de la collégiale. Chaque curé fait sa semaine. De cette dualité de commandement résultent des dissentiments nombreux. Au XVIIe siècle les luttes entre le janséniste Du Hamel et Roslin, curés chefciers, puis entre Roslin et Cocquelin au sujet de la primauté s’éternisent. En 1683, l’un des curés chefciers disparaît, après quinze ans de procès au cours desquels de volumineux mémoires ont été échangés. Il est impossible, dit à cette époque le président de l’assemblée extraordinaire des marguilliers en charge, anciens marguilliers et notables de la paroisse, «tant qu’il y aura deux curés en cette église, qu’il y ait de l’uniformité dans la conduite des âmes, de la règle et de l’ordre». Il y a non seulement mésintelligence entre curés chefciers, mais entre chefciers et chanoines et entre les chanoines eux-mêmes. Les paroissiens de Saint-Merry ne peuvent s’empêcher de « se partialiser » et de prendre parti pour l’un des curés, ce qui sous une autre forme, continue d’exister de nos jours et dont l’archevêque de Paris vient de mettre fin.

Après cette réforme, la paix n’est cependant pas rétablie dans la paroisse. Au XVIIIe siècle, les chanoines élèvent des plaintes contre les marguilliers qui, d’accord avec le curé, «semblent vouloir embrasser toute l’autorité de l’église». Les différends continuent entre le curé et les chanoines. L’un des plus ardents dans cette lutte est le chanoine Moussinot, qui est pendant plusieurs années le factotum de Voltaire. En 1770, les curés et marguilliers des paroisses Saint-Merry, de Saint-Benoît et de Sainte Opportune partent en guerre contre les chanoines de ces églises. Ils demandent la séparation des chapitres et des paroisses. Les chanoines veulent parfois échapper à l’autorité du chapitre de Notre-Dame qui est avec le pape le supérieur de l’église Saint-Merry. Mais le chapitre de Notre-Dame sait faire rentrer les chanoines de Saint-Merry dans l’obéissance. La discorde éclate entre les chanoines eux-mêmes. Quelques-uns d’entre eux ne signent plus les délibérations, ne veulent plus porter la chape, envoient des huissiers et exploits. Déboutés, ils continuent leur opposition.

La lutte finit faute de combattants. En 1790, le chapitre ne se réunit plus. Le curé prête le serment constitutionnel. La section de la rue Beaubourg tient ses assemblées à Saint-Merry à jour fixe depuis le 1er juillet 1790. Deux vicaires de l’église sont mis à mort lors des massacres de septembre 1792. Les objets du culte sont confisqués. L’église est fermée à la fin de 1793. Elle devient le temple de la Réunion, puis elle est transformée en fabrique de salpêtre. Le culte est célébré dans l’église en 1795, mais tombe bientôt entre les mains des Théophilanthropes et prend nom de temple du Commerce. Puis vient le Concordat. Au XIXe siècle, il y a trois faits importants à noter : la lutte des républicains du quartier Saint-Merry en 1832, la menace d’incendie par les troupes de la Commune en 1871, la suppression de la fabrique en 1906.

Dans son livre, l’abbé Baloche qui était à l’époque vicaire à Saint-Merry, donne aussi d’intéressants détails sur les curés de Saint-Merry, dont quelques-uns devinrent évêques, sur la censive, sur la fabrique, sur les transformations malencontreuses de l’église (suppression de verrières, du jubé, de stalles de cœur).

En fin d’ouvrage nous trouvons des notes topographiques et généalogiques, des documents sur la suppression du chapitre et sur l’enlèvement des titres du chapitre de Sainte-Merry, les listes de paroissiens inhumés dans l’église et de personnes baptisées. Le livre se termine par un index des noms de personnes et de lieux cités.

L’église Saint-Merry, son clergé, ses paroissiens furent mêlés à tous les principaux événements de notre histoire nationale et parisienne.

L’église Saint-Merry a inspiré des écrivains comme Apollinaire, Aragon, Desnos…Joris-Karl Huysmans lui a aussi consacré une importante partie de son ouvrage, Trois églises (La symbolique de Notre-Dame, Saint Merry, Saint Germain l’Auxerrois), que vous trouverez en édition originale et en édition illustrée par Charles Jouas sur notre site.

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BALOCHE (Abbé). Eglise Saint-Merry de Paris. Histoire de la paroisse et de la collégiale. 700-1910. Paris, H.Oudin, 1911. Deux volumes (25,5 cm x 16,5 cm), 620-836 pp.

16 gravures hors-texte. 2 plans  dépliants (Le quartier Saint-Merry et rues avoisinantes, d’après le plan de Bretez, dit Plan de Turgot, en 1739 et le même quartier, 1910, d’après le plan cadastral de la ville de Paris)

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