CATULLE MENDES. Monstres parisiens.

 

Catulle Mendès (1841-1909) après une enfance et une adolescence à Toulouse,  arrive à Paris en 1859. Il fonde en 1860 la Revue fantaisiste. Il publie en 1863 son premier recueil de poèmes, Philoméla. Il se mêle à la vie artistique parisienne et participe activement aux recueils du Parnasse contemporain.

Tour à tour journaliste, poète, homme de théâtre, librettiste, romancier et auteur de nouvelles, sa production littéraire est abondante. Il est à la fois célèbre et vilipendé en son temps avant de tomber dans l’oubli.

Au centre des activités littéraires du second Empire et de la IIIe République, Catulle Mendès joue un rôle certain dans la publication de la poésie parnassienne et symboliste et dans la diffusion de la littérature naturaliste par ses connaissances et son pouvoir dans la presse.

catulle mends 101catulle mendes 102Aujourd’hui nous vous présentons des courtes nouvelles, Monstres Parisiens, dans la série complète publiée en dix livraisons.

Ces Monstres Parisiens nous font découvrir selon l’auteur,  la vacuité morale de l’époque en plein coeur de la capitale française. Ces nouvelles ont été pré-publiées en 1881 dans Gil Blas et rassemblées en volume sous le titre Monstres Parisiens, recueil publié chez Dentu (2 mai 1882). Le succès du recueil fut tel que Catulle Mendès donna une suite aux Monstres Parisiens sous forme d’abord d’une série de dix fascicules publiés en livraison entre 1883 et 1885, puis d’un recueil, paru dans un premier temps en 1886 sous le titre Monstres Parisiens, deuxième série, et repris Catulle Mendès 103catulle mendès 104ensuite sous le titre définitif de Monstres Parisiens (Nouvelle série), dans un volume de la collection  » Auteurs célèbres » publié en 1888.

Ces dix fascicules présentent une grande unité thématique accentuée parfois par la récurrence d’un récit à l’autre d’un même personnage. L’écrivain croque une galerie d’une trentaine de « Monstres Parisiens » figés dans leur vice. Ainsi apparaissent au long de ces pages, ces figures excessives jusqu’à paraître inhumaines, capables d’inspirer l’effroi par leur apparence ou leur caractère ou leur comportement. Cette cruauté exprime un goût prononcé pour l’outrance et l’excès de l’auteur. Romantique tardif, Catulle Mendès est surtout catulle emndès 105catulel mendès 106influencé par Théodore de Banville qui est son maître en écriture. L’influence d’Esquisses parisiennes. Scènes de la vie, que nous avons déjà évoqué dans une page précédente de ce blog, est perceptible dans toute la série des Monstres Parisiens.

Avec ses Monstres Parisiens, Catulle Mendès propose une Comédie Humaine miniaturisée dans laquelle il évoque une société contemporaine selon lui à son déclin. Chaos, discordance, dualité règnent en maître. Le diable rode donnant à ses nouvelles d’inspiration réaliste, une dimension proche du fantastique. Et le diable se manifeste avant tout par la femme, notamment la parisienne. Derrières ses héroïnes, se catulle mendès 107catulle mendès 108profile l’ombre du malin qu’il soit dans son rôle traditionnel ou dans un rôle surnaturel.

Catulle Mendès explore en conteur cruel les férocités du coeur et les perversions de la psyché de personnages monstrueux, personnages d’une société déclinante qu’il plonge dans un univers cruel et fantastique.

La quatrième de couverture de ces fascicules rédigée par l’éditeur résume le propos de l’auteur :  » Rien de plus exquis et de plus vrai à la fois, de plus séduisant et de plus cruellement moderne que les Monstres Parisiens, par Catulle Mendès. Que l’auteur étudie surtout les  » monstruosités » féminines, qu’il insiste avec trop de complaisance sur les recherches catullee mendès 109catulle mendès 110coupables de la névrose parisienne, nous ne le nions pas ! Mais il le fait avec tant de grâce, avec un art si parfait, – et dans une intention si évidemment morale, – que nul ne songe à lui en vouloir ».

L’éditeur a fait un effort particulier pour le tirage de ces ouvrages : Imprimée en caractères elzéviriens, sur magnifique papier de Hollande; illustrée d’eaux-fortes originales dues aux plus célèbres artistes, la publication périodique des Monstres parisiens est un véritable bijou littéraire et typographique. Une livraison, contenant trois contes, parait chaque mois.

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catulle mendès 100MENDES (Catulle). Monstres Parisiens. Paris, 1883. 10 volumes in-16 (14,5 cm x 10 cm), 242 pp (Tome I à V) et  232 (Tome VI à X) pp.

Volume I : La Pénitente-La Soeur aînée-La Dame seule. 1 frontispice.

Volume II : Les Protectrices-La nouvelle Mariée- George et Nonotte. 1 frontispice

catulle 3Volume III : La Femme de chambre. – Anne de Cadour-La Demoiselle noire. 1 frontispice.

Volume IV : L’Amant de sa femme. – L’Ogresse- La Fille Garçon. 1 frontispice.

Volume V : Léa. – Les faux amants. – Blanche de Caldelis. 1 frontispice.

Volume VI : Le vicomte Cyrille. – La baronne de Trèfle. Les Infaillibles. 1 frontispice.

Volume VII : Les Etrangères. – Le marquis de Viane. Madame de Rosavène. 1 frontispice.

Volume VIII : L’Imitatrice – L’Honnête amant. – Celle qui ne pleure pas. 1 frontispice.

Volume IX : Les Résignées. – Le Mangeur de rêve. Madame de Fleurence. 1 frontispice.

Volume X : Le Lâche. – Les Ingénus. – La Tueuse d’écho. 1 frontispice.

Imprimés en caractères elzéviriens sur papier de Hollande.

Les frontispices sont signés Fernand Besnier.

10 volumes brochés sous couverture illustrée rempliée. Un prospectus de l’éditeur annonçant la sortie de « Tous les baisers », annoncé comme faisant suite à cette série.

Série complète. Bel exemplaire.

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