PERAU (Abbé). L’Hôtel Royal des Invalides.

 

Louis-Gabriel Perau (1700-1767) fut prieur à la Sorbonne. Il a été le continuateur des Vies des hommes illustres de la France, commencées par Jean Du Castre d’Auvigny et terminées par François-Henri Turpin. Il rédige L’Ordre des francs-maçons trahi qui paraît pour la première fois en 1742 et qui constitue une importante source documentaire sur la franc-maçonnerie à l’époque de son introduction en France au début du XVIIIe siècle. Il travaille à la commande pour les libraires et produit principalement des ouvrages d’inspiration historique.

Invalide 2Invalide 4Plus de quatre-vingt ans après la parution de l’édit royal ordonnant son édification, l’ouvrage de Jean-Gabriel Perau retrace les circonstances de la création de l’Hôtel royal des Invalides : « L’hôtel Royal des Invalides est sans contredit un des plus somptueux Edifices de l’Europe & le plus digne Monument de la Religion, de la bonté, & de la magnificence de Louis le Grand » ainsi que les différentes étapes de sa construction. Son ouvrage s’inscrit dans la lignée des travaux de Le Jeune de Boulencourt (1684), Félibien des Avaux (1702) et Granet (1736). Comme Perau l’indique dans son avant-propos, les planches sont les mêmes que celles de l’édition de 1736 et il s’est largement inspiré du texte de Granet. Néanmoins, celui-ci étant, selon lui, très fautif, il propose un ouvrage  » absolument neuf ».

Jean-Gabriel Perau explique dans son avant-propos qu’il a suivi dans cette description l’ordre le plus simple :  » En Invalide 6promenant le lecteur depuis le rivage de la Seine à travers la riche Esplanade qui est en face de l’Hôtel, & de-là dans l’Hôtel même, j’ai décrit de suite tout ce qui se présente à la vue en commençant par les bâtimens occupés par les Officiers & les Soldats. j’ai fait à part la description de l’ancienne & de la nouvelle Eglise, c’est-à-dire de l’Eglise des Soldats & de celle du Dôme, & j’ai parlé en même temps des personnes qui sont préposées pour l’administration spirituelle de la Maison. Tout l’Ouvrage est terminé par un détail exact du Gouvernement de l’Hôtel & de la l’ordre & de la discipline qui s’y observent. Cette invalide 7description est précédée d’un Discours dans lequel, après avoir examiné de quels moyens on se servoit anciennement pour récompenser les Militaires, que leur âge, leurs infirmités ou leurs blessures mettoient hors d’état de servir, j’ai fait voir que les différentes mesures que l’on avoit prises dans tous les temps avoient été insuffisantes pour parvenir au but que l’on se proposoit. Il étoit réservé à Louis le grand de mettre la dernière main à ce que des siècles de réflexion n’avoient imaginé qu’imparfaitement… »

Par édit royal en date du 12 mars 1670, Louis XIV décide la création de l’Hôtel royal des Invalides pour que  » ceux invalide 9qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie passent le reste de leurs jours dans la tranquillité ». Les premiers pensionnaires s’y installent en 1674. A la fois hospice, caserne, couvent, hôpital et manufacture, c’est une véritable cité réglementée selon un système militaire et religieux. A la fin du XVIIe  siècle, il abrite jusqu’à 4000 pensionnaires. Ceux-ci encadrés par leurs officiers sont organisée en compagnie. Les plus valides assurent un service de garde, les autres animent des ateliers d’artisanat. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes.

Invalide 10Les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à Libéral Bruant, architecte du roi. Ils sont réalisé de 1671 à 1674.  A partir de 1676, Jules Hardouin Mansart travaille aux pavillons d’entrée et aux infirmeries. La construction de l’Eglise prendra trente ans et sera inaugurée en août 1706.

L’hôtel fonctionnera jusqu’à la Révolution sur les principes de l’édit royal de 1670. Après la Révolution qui bouleversera l’Institution, Napoléon la réorganise et amorce la transformation de l’église Saint-Louis en panthéon national. Cette évolution est consacrée à partir de 1840 par l’édification , sous le Dôme du tombeau de l’Empereur.

Aujourd’hui l’Hôtel royal des Invalides est devenu un haut lieu de la mémoire nationale. L’hôpital militaire installé au sud du site poursuit la vocation initiale de l’Institution tandis que dans la partie nord, les collections du musée de l’Armée ont remplacé les vétérans du roi.

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invalide 3invalide 1PERAU (Abbé). Description historique de l’Hôtel Royal des Invalides. Avec les Plans, Coupes, Elevations géométrales de cet Edifice, & les Peintures & Sculptures de l’Eglise, Dessinées & gravées par le Sieur Cochin, Graveur du Roy, &c de l’Académie Royale de Peinture &c Sculpture. Paris, Guillaume Desprez, 1756. Un volume in-folio (40 cm x 27 cm), XII (Avant-Propos)-104 (Discours préliminaire, Edit du Roy pour l’établissement de l’Hôtel royal des Invalides donné au mois d’Avril 1674, Description historique de l’Hôtel Royal des Invalides, Table des cent huit planches gravées, qui représentent différens Plans de l’Hôtel Royal des Invalides, avec les Peintures & Sculptures de l’Eglise)

Un frontispice (d’après Cazes) et une vignette sur le titre, deux vignettes, un cul de lampe (Avant-Propos), une vignette et une initiale illustrée (Discours préliminaire), une vignette et un cul de lampe (Edit du Roy pour l’établissement de l’Hôtel Royall des Invalides donné au mois d’Avril 1674), une vignette et une initiale illustrée (Description historique de l’Hôtel Royal des Invalides). Les vignettes et lettrines par Van Schuppen, Dulin et Pasquier.

Cent sept planches gravées (simples et doubles), qui représentent différents Plans de l’Hôtel Royal des Invalides, avec les Peintures & Sculptures de l’Eglise, gravées par Aveline, Herrisset, Lucas et surtout Cochin, d’après Boulogne, Chevotet, Coypel, Ferville, Jouvenet, de La Fosse…

Exemplaire complet de toutes ses planches conformément à la table (p.103) qui  » pourra servir d’Avis au Relieur pour placer chaque estampe dans son ordre ».

1/2 chagrin XIXe. Dos à cinq nerfs ornés de fleurons dorés. Charnières et coiffes frottées mais solide reliure qui a permis la conservation de ce bel ouvrage gravé du XVIIIe siècle.

Réservé.

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