MARAIS (Mathieu). Journal et Mémoires.

 

Mathieu Marais (1665-1737), il est reçu avocat au Parlement de Paris en 1688,  ami de Pierre Bayle, il collabore au Dictionnaire Historique et rédige des notes pour les articles sur Henri III, Henri, duc de Guise, Marguerite, reine de Navarre…Lié avec le président Jean Bouhier, il entretient avec lui une correspondance publiée dans le Journal de Paris de 1721 à 1727.  Il est aussi l’auteur d’Histoire de la Vie et des Ouvrages de M.de la Fontaine.

Commencé le 1er septembre 1715 et interrompu le lendemain du 17 septembre, repris du 17 juin au 10 septembre 1717, puis de façon presque continue d’avril 1720 à août 1725, et enfin du 14 août au 13 octobre 1727, le Journal de Paris couvre une grande partie de la Régence et le début du règne de Louis XV. Il égrène les nouvelles au fil des événements dans une veine satirique. En effet, Marais recueille et retranscrit de très nombreuses pièces de l’époque ne ménageant ni les hommes ni les institutions. L’auteur saisit et reproduit ces textes inspirés par l’actualité.

Le journal évoque les placards, affiches, inscriptions apposés à des endroits particuliers de la ville, notamment à l’entrée du Palais-Royal. Il présente aussi des catalogues de livres et de brochures de bibliothèques ou des listes de tableaux et de curiosités de cabinets. Toutes les personnalités de l’époque sont dans cet ouvrage, du Régent au Pape, jusqu’aux hauts personnages du temps qui se trouvent moquées ou vilipendés. Les Institutions elles mêmes n’échappent pas à la satire.

Marais est le chroniqueur impitoyable des travers du temps et même si il reproduit les libelles de l’époque, sa narration personnelle reste dans la veine satiriste. Rien des querelles de l’époque ne lui échappe et la période particulière de la Régence et du début du règne de Louis XV lui offre de multiples occasions d’exercer son goût pour la satire. Il est un implacable pourfendeur du système de Law et en dénonce les effets désastreux. Il s’insurge aussi contre les désordres moraux d’une société débarrassée des contraintes imposées par Louis XIV vieillissant. Avocat au Parlement de Paris et attaché aux libertés de l’église gallicane, il pourfend le camp des jésuites. Peu d’interlocuteurs échappent à sa veine satiriste, même ses confrères écrivains sont victimes de ses saillies et notamment ceux qui recherchent selon lui un « neuf bizarre » et un « faux sublime » lui l’adepte du classicisme en littérature. Il apprécie Voltaire pour ses talents de poète, mais il le peint sous les traits d’un être prétentieux et insolent…

Ecrit au jour le jour, ce journal est celui d’un spectateur de son temps qui n’épargne aucun puissant du moment dont les travers s’étalent largement au long de ces pages. Marais s’octroie cette liberté de critique sévère, car il sait que son journal ne sera pas publié de son vivant échappant ainsi à une censure inévitable.  » Marais est bien le parlementaire raffiné, le bourgeois de Paris curieux, malin et voluptueux d’esprit, volontiers frondeur des puissances, jouissant doublement du fruit défendu, et prisant double les contrebandes littéraires venues de l’étranger à la barbe des censeurs chargés de surveiller à la frontière les invasions de l’esprit protestant et réfugié, inaugurant déjà, par des escarmouches systématiques, dans cet inviolable asile de Hollande, la guerre subversive du philosophisme… »

Notre exemplaire contient un envoi de l’auteur de la préface à Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury (1802-1887), célèbre journaliste et critique de l’époque qui a dû se délecter à la lecture de ce texte. Il sera élu en 1866 à l’Académie française.

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Journal et Mémoires de Mathieu Marais Avocat au Parlement de Paris sous la Régence et le règne de Louis XV (1715-1737). Publiés pour la première fois d’après le manuscrit de la Bibliothèque Impériale par autorisation de S.E.le Ministre de l’Instruction publique avec une introduction et des notes par M.de Lescure. Paris, Librairie de Firmin Didot, 1863-1868. Quatre volume in-8 (24 cm x 15 cm), 505-493-597-592 pp.

Un envoi de l’auteur de la préface à Cuvillier-Fleury, célèbre journaliste de l’époque et académicien.

Reliure toilée uniforme pour les quatre volumes (reliure contemporaine), pièces de titre. Couvertures conservées.

Bon exemplaire de ce précieux journal pour la connaissance de l’histoire de cette période.

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