FLAMENT (Albert). Dessins de Minartz. Fleur de Paris.

 

Aujourd’hui un charmant ouvrage au titre délicat, Fleur de Paris, qui nous présente la vie heureuse de la haute société française de la Belle Epoque.

Rassemblés par Henri Béraldi le célèbre bibliophile, une plume légère celle d’Albert Flament (1877-1956) journaliste, critique et romancier, qui utilise le pseudonyme Sparklet pour signer ses chroniques dans l’Echo de Paris et un dessinateur brillant comme Minartz dont nous avons déjà présenté les illustrations dans De Paris au bois de Boulogne, nous offrent un large panorama de l’époque et des femmes qui animent la vie parisienne lorsque la  » Saison » est venue.

 » C’est la saison qui commence, l’époque de l’année où Paris offrira les plus agréables coups d’oeil…C’est la saison. Les stores bis ou rayés de rouge claquent à l’air tiède…C’est la saison, c’est le commencement de ces deux mois et demi de gaieté, d’élégance, durant lesquels Paris sera, non seulement l’auberge du monde, mais le casino de Cosmopolis, le centre de la mode, le paysage unique sur les fonds variés duquel passeront d’étranges, d’admirables poupées, les plus beaux pantins qui aient été créés par Dieu et façonnés par la civilisation, jusqu’à devenir, pour ainsi dire, anti-naturels, anormaux. Nous appellerons cette société diaprée, ce monde papillonnant et raffiné : Fleur de Paris; nous le suivrons dans ses manifestations, ses groupements, ses exercices. « 

Et défile au long des pages, les activités mondaines multiples auxquelles s’adonne la haute société parisienne au long des mois, l’essor de l’automobile, les jeux de tennis, le goût de l’exercice, le bois de Boulogne et ses promenades et les jeux des enfants, après Pâques et jusqu’au commencement de juillet, la saison des mariages, les activités de charité, les dîners, la mode et Boldini qui cherche le thème d’un futur tableau dans les salons d’essayage, les chapeaux, les salons et leur aménagement, les thés, les visites et les conférences, les séances à l’académie, les concours hippiques, le Grand prix, les femmes du monde et les demi-mondaines et le caricaturiste Sem le crayon entre les doigts pour croquer les personnages de cette comédie humaine, le grand steeple d’Auteuil. La Saison finie, les malles remplies à Paris seront vidées; la Suisse, Ostende, Vichy, Luchon…on ferme Paris pour réouvrir là bas et la parisienne s’habille « sport » pour ses vacances, elles fréquentent le casino ou partent en croisière pour découvrir de nouveaux paysages ou suivent des régates. Même si à Paris on rencontre beaucoup de monde dès les premiers jours d’octobre, la véritable vie de Paris ne commence pas avant le mois de décembre mais surtout à la fin du mois d’avril. La première manifestation de l’hiver est le grand prix d’automne et les robes se couvrent de fourrure, à la fin de l’année le Grand Palais accueille le Salon de l’automobile, les soirées du réveillon avec Mlle Otero, les sorties au music hall ou au théâtre et puis la Saison recommence, l’Opéra salon mondain et puis les bals plus populaires à Montamrtre et ses danses endiablées…

Flament fréquentait le tout Paris et en maîtrisait tous  les codes et les rites, Minartz connaissait le Paris mondain sur le bout du crayon, Béraldi les rassemble pour fixer l’époque et en garder le souvenir dans un bel ouvrage comme il en avait le secret.

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FLAMENT (Albert) (Sparklet). Fleur de Paris. Paris, Imprimé pour Henri Béraldi, 1909. Un volume in-folio (38 cm x 25 cm), 133 pp.

Dessins de Minartz. Gravés sur bois par H.Paillard.

Tirage unique à 90 exemplaires. Exemplaire numéroté et nominatif (Henri Béraldi)

Broché sous couverture rempliée. Couverture restaurée.  Décharges aux rabats de la couverture. Quelques  rousseurs notamment en début et fin de volume.

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