YRIARTE (Charles). Paris grotesque. Les célébrités de la rue. Portraits parisiens. Les Prussiens à Paris et le 18 mars.

 

La célébrité que connut Charles Yriarte (1832-1898) en son temps n’a pas survécu aux années. C’est l’occasion de redécouvrir cet écrivain qui utilisait parfois le pseudonyme de marquis de Villemer et qui laissa une œuvre variée. Etudes d’histoire de l’art, récits de voyage, recueil de portraits d’homme célèbres, traductions….Charles Yriarte a aussi publié de nombreux articles dans des journaux comme la Vie parisienne, L’Art, Le Figaro et Le Monde illustré, dont il sera de 1864 à 1870, le rédacteur en chef. Parallèlement à ses activités littéraires, il eut aussi des fonctions publiques. D’abord inspecteur des Asiles impériaux, il sera nommé en 1861 inspecteur des travaux du nouvel Opéra de Paris. Pendant la guerre franco-prussienne, il suit le gouvernement à Versailles et collabore à la rédaction des dépêches militaires pour le Times. Il est aussi attaché à l’état-major du général Joseph Vinoy. Il est à Paris pendant le Siège. En 1881, il est nommé inspecteur des Beaux-Arts et en 1889, il devient membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts.

Observateur des conflits de son temps (guerre d’Afrique qui oppose l’Espagne et le Maroc en 1859-1860, guerre franco-prussienne en 1870-1871, insurrections dans les Balkans contre la domination de l’Empire ottoman en 1875-1876, il en sera le brillant chroniqueur dans la presse de son époque. Ses deux premiers ouvrages, La Société espagnole et Sous la tente. Souvenirs de la guerre d’Afrique, relatent les premiers épisodes militaires auxquels il assiste. En 1867, il publie son premier ouvrage d’histoire de l’art, entièrement consacré à Goya. Ce sera le début de nombreuses publications consacrées à l’art et aux artistes.

Parisien, Charles Yriarte a aussi dépeint ses contemporains notamment dans deux ouvrages, Les célébrités de la rue en 1864 et les Nouveaux portraits parisiens en 1865.

Ainsi, selon l’auteur, la rue n’existe qu’à Paris et c’est peindre la société de son temps que de s’attacher aux infiniment petits. Et parce que les ingénieurs sont venus, la cour des miracles est expropriée pour cause d’utilité publique, il est encore temps de raconter, avant que disparaissent la gaieté de nos places, les vêtements bariolés, les chansons étranges, les dentistes en plein air, les musiciens ambulants, les philosophes, les bâtonnistes, les maniaques, les visionnaires, les vieilleuses, les bouquetières…Ainsi Charles Yriarte croque l’univers des célébrités de la rue : Fanchon la vieilleuse, La Belle Madeleine, La Chanteuse voilée, Claudine, Solsirépifpan, Chodruc-Duclos, M.de Saint-Cricq, Le Mapah, Miette, Carnevale, Jean Journet, Léonard de la Tuilerie, L’Arménien de la Bibliothèque, Le Persan, Le Marchand de vulnéraire suisse, L’Homme-orchestre, Liard, L’Homme à la vielle, Le Berger en chambre, Pradier le bâtonniste, Tripoli, fils de la Gloire, Mangin, L’Anti-Mangin (Claude Cote), La Vieille au bouquet, Le Professeur d’italien, L’Homme sans chapeau, Le Marin, Madame Lcoeur, Le Marchand de plumeaux, Le Marchand de pain d’épices, L’Homme au pavé, L’Homme au lièvre, Isabelle. Et c’est d’une plume alerte que Charles Yriarte croque ces personnages dont chacun d’entre eux fait l’objet d’une illustration par l’Hernault, Lix ou Montault.

Une certaine bienveillance émane de ces croquis pris sur le vif dans les rues de Paris, ce n’est plus vraiment le cas pour l’ouvrage paru l’année suivante (1865), Les nouveaux croquis parisiens où la plume de l’auteur devient amère,  mordante voire cynique et le trait appuyé sur les travers de ses contemporains de la faune parisienne. Charles Yriarte utilise la même forme, celle de courts portraits : La Goton, La princese Ustubertukoff, Le beau Pâris, La petite Dalila, L’ermite de la Chaussée-d’Antin, L’optimiste, La viei’l garde, La dame aux yeux gris, La reine des Toquées, L’important, Plaisir des champs, Les agités, L’agité, L’ami des artistes, M.Evariste, C.-Amélia, Le Centaure Boucard, Antigone.

Délaissons les portraits littéraires pour aborder une autre période de la vie de Charles Yriarte. Celle où pendant le conflit franco-prussien, il était aux avants-postes et faisait œuvre d’historien ou de journaliste pour raconter les événements. Dans Les Prussiens à Paris et le 18 mars, il évoque le court intervalle du 24 février au 19 mars 1871 où l’on voit l’occupation d’un quartier de la capitale par les troupes allemandes, les préliminaires de l’insurrection de la Commune et le basculement du pouvoir. L’ouvrage reprend la chronologie des événements, les Manifestations de la Bastille, du 24 février au 1er mars ; -les Préliminaires de la Commune, du 3 au 18 mars ; – et la Journée du 18 mars. Ce récit comprend aussi un ensemble de documents, traités et pièces justificatives permettant d’illustrer le propos de l’auteur dont les positions se trouvent plus proches de Versailles que des fusillés du mur des Fédérés !

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YRIARTE (Charles). Paris grotesque. Les célébrités de la rue. Paris (1815-1863). Paris, Librairie parisienne Dupray de La Mahérie, éditeur, 1864. Un volume in-8 (23,5 cm x 15 cm), 368 pp.

Illustrations par MM.L’Hernault, Lix, de Montault et Yriarte.

Frontispice et 28 planches hors texte.

Demi-chagrin d’époque,  dos à 4 nerfs, caissons décorés de palmettes dorés, titre doré, tranches mouchetées.  Reliure un peu frottée. Rousseurs éparses.

Edition originale

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YRIARTE (Charles). Portraits parisiens. Paris, E.Dentu, 1865. Un volume in-12 (cm x cm), (4)-384 pp.

Deux vignettes.

Un envoi autographe de l’auteur à Nadar.

Un des vingt-cinq exemplaires numérotés sur papier de Hollande, avec l’Antigone sans les suppressions, signature de l’auteur.

Edition originale.

1/2 chagrin brun, dos à cinq nerfs, titre et filets dorés, tête dorée. Reliure frottée.

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YRIARTE (Charles). Les Prussiens à Paris et le 18 mars, avec la série des dépêches officielles inédites des autorités françaises et allemandes du 24 février au 19 mars. Paris, Plon, 1871. Un volume in-8 (24 cm x 15,5 cm), 375 pp.

Demi-veau rouge. Titre, fleuron et filets dorés. Traces de rousseurs en fin de volume.

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