((Marquis de Luchet)). Paris en miniature, d’après les dessins d’un nouvel argus.

 

Aujourd’hui un ouvrage anonyme et sans illustration, Paris en miniature, d’après les dessins d’un nouvel argus. L’anonymat rendu sans doute nécessaire pour échapper à la censure royale ou à quelques querelles que nous évoquerons ci-après, va être rapidement levé. Mais l’auteur a sans doute jugé plus prudent de faire imprimer son texte à Amsterdam pour échapper à l’univers parisien et diffuser sous le manteau ses écrits pour mieux atteindre ses lecteurs. A moins qu’il ne s’agisse d’une contrefaçon dont les libraires bataves avaient aussi la pratique.

Selon Gallica l’ouvrage est attribué au marquis de Luchet et à L.-A.Caraccioli. Comme nous avons déjà évoqué ce dernier auteur dans une page précédente du blog, nous nous attarderons un peu sur le marquis de Luchet. Jean-Pierre, Louis, marquis de Luchet (1739-1792) fait ses études à Saintes et aurait pu être jésuite puis devient après la suppression de cet ordre, officier de cavalerie. Carrière qu’il abandonne rapidement pour se consacrer à la littérature. Il quitte la France après 1770, se rend dans le pays de Vaud et séjourne en 1775, quelques mois chez Voltaire à Ferney. En 1777, il devient le bibliothécaire du landgrave de Hesse-Cassel Frédéric II ainsi que son conseiller privé des légations et directeur du théâtre français, du muséum et des collections scientifiques. A la mort du landgrave en 1785, il rejoint la maison du prince Henri de Prusse, l’accompagne à Paris en 1788 et reste dans la capitale à partir de cette date.

Ses écrits lui attirèrent bien des ennuis et ses affaires ont aussi périclité. Son histoire de la ville d’Orléans, dont le premier tome fut publié en 1766,  provoque un scandale par son impiété au point où il doit suspendre sa parution. Vers 1775, il se lance dans l’exploitation des mines et ce fut une catastrophe financière. A son retour en France, il attaque dans ses romans Grimm et Rivarol et s’attire bien des inimitiés mais cela ne le dissuade pas de continuer à publier et dans ce cas les libraires d’Amsterdam le mettaient à l’abri.

Dans son ouvrage, Paris en miniature, d’après les dessins d’un nouvel argus, il donne une description tour à tour cynique ou insouciante des moeurs de l’époque. Sa vision aristocratique du temps où le marivaudage n’est pas exclu, nous promène dans différents quartiers de Paris en évoquant la vie parisienne et différents lieux de la capitale. Ainsi tour à tour, il discourt sur : les femmes, les abbés, les cafés, les promenades publiques, le Palais-Royal, les Tuileries, le Luxembourg, le Mont-de-Piété, l’anglomanie, les Grands, les jeux, les soupers, les ateliers des peintres et des sculpteurs, les salles de spectacle, l’Opéra, le Palais et l’univers judiciaire, les modes, la Sorbonne, les cabriolets et les carrosses, les libraires, les restaurateurs, les foires, les bibliothèques, les cabinets de curiosité, les francs-maçons…etc.

Malgré quelques propos acides et quelques travers dénoncés, il conclut son ouvrage par son admiration pour la capitale :  » Si après tant d’avantages & tant d’agrémens répandus dans Paris, il y a des personnes qui ne le goûte pas, nous les supplions d’en refaire un autre; & tout en attendant, nous préconisons cette heureuse Capitale, malgré ses ombres & ses défauts, comme le lieu le plus social & le plus charmant de l’univers « 

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(Marquis de LUCHET). Paris en miniature d’après les dessins d’un nouvel argus. Amsterdam, 1784. Un volume in-16 (15,5 cm x 9,5 cm), 130 pp.

Un ex-libris (Rob.de Billy).

1/2 reliure à coins postérieure (XIXe). Pièce de titre.

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