LHANDE (Pierre). Le Christ dans la Banlieue.

 

Carte religieuse de la banlieue parisienne.

Dans les années 20, le père Pierre Lhande parcourt la « zone », les fortifications, les grands lotissements de la banlieue parisienne. De cette découverte, il tire trois ouvrages où se mêlent descriptions et observations de cet univers qui questionnait l’Eglise.

Les Grésillons. – L’Eglise sous la tente (1912).

Pierre Lhande (1877-1957). Il entre à la compagnie de Jésus en septembre 1900 puis est ordonné prêtre en 1910 à Enghien en Belgique. Il commence par enseigner dans des collèges de la région toulousaine puis à l’Institut catholique de Toulouse, la langue et la littérature basque.  De 1924 à 1939, il est rédacteur à la revue Etudes. C’est pendant cette période qu’il découvre les quartiers de banlieue et publie dans cette revue, des articles sur les difficultés de la vie chrétienne dans la banlieue parisienne. Il rassemble ces articles dans son ouvrage Le Christ dans la banlieue. Il se fait aussi connaître à partir de 1927 par ses radio-sermons qui fera du jésuite, un des pionniers de la prédication radiophonique.

Bagnolet. – On construit chez l’abbé Béthune.

Le père Lhande questionnait l’Eglise face à une interrogation qu’elle peinait à appréhender, une situation sociale difficile et une indifférence religieuse du monde ouvrier.

A quarante huit ans le père Lhande découvre le territoire de la banlieue et rédige son premier article sur le sujet dans la revue Etudes. Rapidement d’autres suivront et seront aussi rassemblés et publiés chez Plon en trois volumes en 1927, 1930 et 1931.

Carte schématique des réalisations religieuses dans la banlieue parisienne. 1925-1930.

Lorsque le jésuite commence sa tournée des banlieues, l’Eglise a déjà conscience de la nécessité de bâtir dans ce territoire des lieux de culte mais les réalisations en la matière restent très modestes. Le père Lhande raconte les conditions de vie, les mentalités, le déracinement des populations et transmet sa connaissance des lieux dans ses écrits, ses conférences et ses émissions radiophoniques. Cette prise de conscience de l’Eglise catholique se traduit par la création de la JOC en 1927 et par celle de l’Oeuvre des Chantiers du cardinal en 1931, créé par le cardinal Gerlier archevêque de Paris.

La zone qui recule. La cité qui avance.

Le père Lhande évoque les lieux, la topographie, les conditions de logement, les habitants et aussi les curés sorte de héros locaux.

Il se livre à une véritable analyse sociologique, des populations refoulées de la capitale vers la zone, des beaux quartiers suburbains, de la ceinture rouge et de la banlieue verte. Il concentre surtout son attention sur la zone et la ceinture rouge et  vers les habitants les plus modestes.

Sur le plan religieux, le père Lhande distingue les populations. Les chiffonniers qui ne sont pas hostiles vis à vis du curé. En revanche, il souligne l’indifférence des habitants des grands lotissements et l’hostilité des banlieues rouges tout comme l’amenuisement du fait religieux dans les plus jeunes générations.

Plan des enceintes successives de la ville de Paris et des H.B.M et I.L.M. érigés sur l’emplacement des dernières fortifications.

Pour le père Lhande, les curés de banlieue doivent reconquérir ces populations et en quelque sorte les évangéliser comme le faisaient les missionnaires. Pour celà, les curés nommés sur ces territoires devaient prêcher par l’exemple, par les actes et par la parole. Il les imagine en héros défricheur pour conquérir les enfants et la jeunesse car les adultes s’étaient laïcisés. C’est l’occasion pour le père jésuite de dresser le portrait de ces prêtres dévoués à leur communauté.

Au porte de Paris : le gouter des petits zoniers. Le gala des pauvres.

L’impact de ses articles et de ses livres et aussi de ses sermons, draine les dons permettant de soutenir les actions religieuses sur ces territoires.

Indépendamment de sa vocation  religieuse, l’ouvrage donne une intéressante vision de la banlieue des années 30 avec comme l’évoquait Aragon, dans son poème la rose et le réséda, « Celui qui croyait au ciel/celui qui n’y croyait pas ».  Deux univers, le spirituel de l’église catholique et le temporel du parti communiste, se croisaient. De nos jours, ils ont souvent disparu de ces lieux.

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LHANDE (Pierre). I.Le Christ dans la Banlieue. Enquête sur la vie religieuse dans les milieux ouvriers de la banlieue de Paris. II. La Croix sur les Fortifs. III. Le Dieu qui bouge. Paris, Plon, 1927-1930-1931. 3 volumes in-8 (20 cm x 13 cm), IV-279-IX-236-VII-250 pp.

Nombreuses photographies en noir hors texte et 3 plans dépliants à la fin de chaque volume. Volume I. Carte religieuse de la banlieue parisienne. Volume II. Plan des enceintes successives de la ville de Paris et des H.B.M et I.L.M érigés sur l’emplacement des dernières fortifications. Volume III. Carte schématique des réalisations religieuses dans la banlieue parisienne 1925-1930.

Broché. Quelques légers manques de papier aux couvertures. Les volumes II et III sont non coupés.

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