LA SAULLAYE (Sieur de). Abrégé de la Vie & de la mort de Messire Charles de la Savssaye curé de Sainct Iacqves de la Bovcherie

 

perrin 3Si le sieur de la Saullaye n’avait pas rédigé son opuscule sur Charles de La Saussaye, les traces laissées dans l’Histoire par l’ecclésiastique seraient restées modestes. Doyen & Chanoine de l’Eglise S.Croix d’Orléans puis, chanoine de Paris et curé de Saint Jacques de la Boucherie, il meurt en 1621. Il est l’auteur d’Annales de l’Eglise d’Orléans et d’un Traité de la translation du corps de S.Benoît à Fleury. Sa famille était depuis longtemps établie dans les sphères du pouvoir royal et plusieurs de ses membres avaient occupé de hautes fonctions notamment ecclésiastiques. Quant au sieur de la Saullaye, il passait pour un ardent ligueur qui  s’était rallié à Henri IV.

Nous avons déjà évoqué l’histoire de l’église Saint Jacques de la Boucherie, voir ici : http://blog.paris-libris.com/villain-abbe-etienne-francois-essai-dune-histoire-de-la-paroisse-de-saint-jacques-de-la-boucherie/

Ce qui fait tout l’intérêt de notre ouvrage, c’est qu’il est sorti de l’imprimerie de Louis Perrin à Lyon. Les bibliophiles connaissent les productions de cet imprimeur, un des plus créatifs et des plus appréciés de son époque. Sa production qui reste modeste en quantité, est d’une exceptionnelle qualité.

perrin 4Louis Perrin (1799-1865) issue d’une famille active dans le négoce lyonnais depuis plusieurs générations, s’installe comme imprimeur en 1822. Sa production reste classique jusqu’à la création des fameux caractères Augustaux qui feront sa perrin 5renommée. En effet, Louis Perrin va dessiner un nouvel alphabet s’inspirant des inscriptions antiques datant du règne d’Auguste. Cet épisode est raconté par A.de Boissieu dans la préface de son ouvrage sur les inscriptions antiques à Lyon qui parait en livraison de 1846 à 1854. L’apparition de ces caractères nouveaux à l’élégance raffinée provoque la renommée de Perrin et marque le début du développement de ses activités. Ces caractères uniquement majuscules à partir de 1846, furent complétés par les bas-de-casse à partir de 1854. Les Augustaux se répandirent progressivement dans les éditions Perrin notamment pour les éditions historiques, littéraires et les rééditions de textes anciens. Sa production s’oriente vers des livres de qualité (livres de bibliophilie, livres scientifiques, historiques ou sur des thèmes régionalistes principalement lyonnais). L’imprimeur revient aussi à une ornementation inspirée des livres du XVIe siècle avec bandeaux, culs de lampes, encadrements et lettrines imités des plus célèbres graveurs. Louis Perrin obtient une médaille de première classe à l’Exposition universelle en 1855.

Plusieurs éditeurs  sollicitèrent Louis Perrin pour réaliser de belles éditions. Ainsi il imprime pour Scheuring à Lyon, Tross à Londres, Curmer et Dentu à Paris, et Fick à Genève. Sa renommée est tellement établie que J.-K.Huysmans dans A rebours évoque l’imprimeur lyonnais :  » Il recourait à Perrin de Lyon dont les sveltes et purs caractères convenaient aux réimpressions archaïques des vieux bouquins « .

perrin 7A la qualité des nouveaux caractères Augustaux, Louis Perrin ajoute une attention particulière au papier choisi, un vergé légèrement teinté et aux ornements et aux marques typographiques qu’il dessine lui-même et confie aux trois graveurs attachés perrin 6à l’imprimerie et surtout au plus habile d’entre eux, J.M.Fugère (1818-1882).

Louis Perrin cesse son activité en 1864, son fils lui succède jusqu’en 1883. A la suite de difficultés financières dues en partie à la faillite du libraire Nicolas Scheuring avec qui il travaille de plus en plus souvent depuis 1856, l’imprimerie fut mise en vente. A sa liquidation en 1880, les poinçons, matrices et fontes des caractères Augustaux furent achetés par l’éditeur parisien Alphonse Lemerre.

Ces indications bibliographiques sont extraites du mémoire de fin d’étude de Laurent Guillo (ENSIB, 1986).

Notre ouvrage contient trois textes : Abrégé de la vie & de la mort de Messire Charles de la Savssaye cvre de Sainct-Iacqves de la Bovcherie (1622), Les Ivstes regrets des bons parroissiens de Sainct-Iacques de la Boucherie, de la mort de meffire Charles de la Sauffaye leur Pafteur (1621) et Harangve faite à Orléans à l’Illvst. et excel. Dvc de Pasterana prince d’Emerito Ambaffadeur de S.M.Catholique à S.M.Très-Chreftienne, par Messire Charles de la Sauffaye.

A la qualité d’impression du livre, s’ajoute la finesse de la reliure réalisée par Allô pour faire de cet ouvrage un exemplaire de qualité.

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perrin 1LA SAULLAYE (Sieur de). Abrégé de la Vie & de la mort de Messire Charles de la Savssaye curé de Sainct-Iacqves de la Bovcherie. Ensembles Les Ivstes regrets des bons perrin 2paroissiens de Sainct-Iacques de la Boucherie, de la mort de leur pafteur et Vne harangue de M.de la Savssaye. Lyon, éditeur Auguste Brun, imprimeur Louis Perrin, 1857. Un volume in-8 (20,5 cm x 14 cm), IV-109 pp (pagination continue pour les trois opuscules).

perrin 91/2 maroquin à coins, filets dorés sur les plats. Dos à cinq nerfs orné de caissons décorés, tête dorée. Reliure signée Allô. Quelques très légers frottements à la reliure. Il s’agit de la  rare édition (1857) tirée à petit nombre (116 ex.) sur papier vergé légèrement teinté de trois opuscules sur la vie d’un curé parisien, imprimés par le lyonnais Louis Perrin.

Louis Perrin (1799-1865) a dessiné un nouvel alphabet à partir de relevés sur les pierres antiques, ce seront les Augustaux. Il agrémentera ses livres d’ornementations inspirées du XVIe consistant en bandeaux, culs-de-lampe, encadrements, lettrines imités des plus célèbres graveurs de la Renaissance.

Bel exemplaire de la production recherchée de cet imprimeur.

Réservé.

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