CREVIER (Jean-Baptiste-Louis). Histoire de l’Université de Paris, depuis son origine jusqu’en l’année 1600.

 

Vue de l’ancien collège de Beauvais par Fixot.

Qui mieux qu’un professeur émérite de rhétorique au sein d’un des plus prestigieux collège parisien de l’Ancien Régime, le collège de Beauvais, pouvait écrire une Histoire de l’Université de Paris ? C’est sans doute ce que devait penser Jean-Baptiste-Louis Crevier (1693-1765) et ses libraires qui en sept volumes déroulent l’histoire prestigieuse de cette Institution.

La chapelle du collège de Beauvais, 9 bis rue Jean de Beauvais, Paris Ve.  Elle est aujourd’hui affectée au culte orthodoxe roumain.

L’Université de Paris était une des plus anciennes universités du monde occidental. Reconnue par Philippe Auguste en 1200 et par une bulle du pape Innocent III en 1215 confirmée en 1231 par Grégoire IX, elle est réputée dans les domaines de la philosophie et de la théologie. Composée d’une association de collèges, elle dispense la formation des clercs des institutions royales et des ecclésiastiques.

A l’origine organisée en corporation de maîtres et d’élèves, cette institution apparaît à Paris vers 1150. L’enseignement se répartit en quatre facultés : décret (ou droit canon), médecine (Médecine, chirurgie, apothiquerie), théologie et arts libéraux (Grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie). Le logement des étudiants et l’organisation des corps se fait au sein de collèges.

Dès le Moyen Age l’université de Paris acquiert une autorité morale reconnue et dispose de larges privilèges. Jusqu’en 1446, les étudiants dépendent en matière pénale de l’Université et comme ils étaient particulièrement turbulents, le pouvoir royal se devait de mettre des limites. A cette date, Charles VII soumet l’Université à la juridiction du Parlement de Paris. Progressivement les privilèges universitaires allaient s’effriter. Le concordat de Bologne signé en 1516 par François Ier donne au pouvoir royal la possibilité de contrôler l’accès aux grands bénéfices. La fondation du collège de France en 1530 et l’apparition de la Compagnie de Jésus et de la Société de l’oratoire de Jésus au milieu du XVIe siècle signent la fin de la prééminence de l’Université de Paris. En 1600, Henri IV supprime les privilèges de l’Université.

Crevier déroule la longue histoire de l’Université depuis sa création jusqu’en 1600. Il raconte avec moult détails l’évolution de l’Institution étroitement mêlée aux évolutions politiques et sociales que connaîent au cours de ces quatre siècles, le pays en général et Paris en particulier.

Dans sa préface, il fait référence à l’ouvrage de Du Boulay (Historia Universitatis Parisiensis…F.Noël et P.de Bresche 1665-1673, 6 volumes) qui lui aussi avait rédigé une importante Histoire de l’Université qu’il trouve peu lisible et qu’il souhaite refondre :  » J’ai embrassé mon sujet dans son tout, études & affaires, grands & petits objets, événemens publics & particuliers, faits éclatans & détails de police & de discipline. L’Histoire de l’Université de Paris est liée à celle de l’Eglise & de l’Etat, & elle en est un supplément… »

Quand Crevier rédige son ouvrage en 1761, l’Université de Paris était organisée de la façon suivante : L’Université de Paris est composée de sept compagnies, savoir : La faculté de Théologie, qui a pour chef le plus ancien de ses Docteurs séculiers, sous le nom de Doyen. La faculté des Droits, qui n’avait été établie que pour le Droit canon, mais qui est autorisée par l’ordonnance de 1679, qui est choisi chaque année entre ses Professeurs suivants l’ordre d’ancienneté. La Faculté de médecine, qui a un Doyen électif, dont la charge dure deux ans. La Nation de France, La Nation de Picardie, La Nation de Normandie, La Nation d’Allemagne, autrefois d’Angleterre. Ces quatre Nations ont chacune leur chef, que l’on appelle Procureur, & qui change tous les ans. Toutes ensemble, elles forment la Faculté des Arts, mais elles n’en sont pas moins quatre compagnies distinctes, dont chacune a son suffrage dans les affaires générales de l’Université. Le recteur choisi par les Nations, ou leurs représentants, & tiré du Corps de la faculté des Arts, & Chef de toute l’Université, & Chef de la Faculté des Arts en particulier. Trois principaux Officiers qui sont perpétuels, Le Syndic, Le Greffier, Le Receveur. Tous trois Officiers de l’Université, & tous trois tirés de la Faculté des Arts.

Mais Crevier débute son Histoire de l’Université de Paris avec le règne de Charlemagne et le rétablissement des Etudes dans l’Empire, il poursuit avec les écoles ecclésiastiques du haut Moyen Age jusqu’à la reconnaissance royale assurée par Philippe Auguste en 1200 et la mise en place progressive de l’organisation de l’Institution. On suit alors chronologiquement tous les faits et les personnages qui confèrent progressivement à l’Université sa réputation jusqu’en 1600.

Une importante table de matière analytique se trouve en fin du 7eme volume permettant de trouver de nombreuses entrées dans cet ouvrage qui fourmille de multiples informations historiques.

Selon une marque imprimé dans les ouvrages, les sept volumes reliés étaient vendus 21 livres à l’époque.

Histoires-de-Paris développe dans son blog le patient travail conduit par Crevier, voir Histoires-de-Paris, Histoire de l’Université de Paris .

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CREVIER. Histoire de l’Université de Paris, depuis son origine jusqu’en l’année 1600. Paris, Desaint & Saillant, 1761. 7 volumes in-12 (17,5 cm x 10,5 cm),XXV-3-512-518-508-502-504-498-467 pp.

Pleine basane marbrée, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison. Reliure uniforme du temps, quelques légers accidents.

Intéressant exemplaire sur l’Histoire de l’Université de Paris rédigé par un professeur au collège de Beauvais.

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